Fin 2024, dans nos colonnes, le directeur d'Euronaval affirmait que la dronisation des marines « est en marche » et que la perspective d'un conflit de haute intensité « inquiète ». Le propos relevait encore de l'anticipation. Deux ans plus tard, il décrit le présent. Lorsque les portes du Hall 6 s'ouvriront le 3 novembre, exposants et délégations arriveront avec en tête une année de combats navals réels, et non plus de scénarios.
Deux ans, une bascule
Le 28 février 2026, l'Iran a fermé le détroit d'Ormuz. Quatre jours plus tard, un sous-marin américain coulait la frégate iranienne Dena. En mars, la France déployait huit frégates, deux porte-hélicoptères amphibies et son groupe aéronaval au Proche-Orient ; le Charles de Gaulle est rentré après 166 jours de mer. En mer Rouge, des missiles à un million d'euros ont été tirés contre des drones qui en valent quelques milliers. En mer Noire, un drone sous-marin a frappé un sous-marin russe à quai, une première. Ormuz, enfin, n'a pas été verrouillé par des torpilles à plusieurs millions mais par des mines, l'arme la plus ancienne qui soit sous l'eau.
Chacun de ces épisodes aurait suffi à nourrir un salon. Réunis en douze mois, ils changent la nature d'Euronaval : on n'y vient plus seulement voir des coques, on y vient comprendre comment une marine tient dans la durée face à un adversaire qui frappe sous l'eau, dans les airs et dans le portefeuille.
Ce que cela change
Pour les états-majors, la leçon est arithmétique. La Marine nationale aligne quinze frégates de premier rang pour une cible de dix-huit, et son nouveau chef d'état-major, l'amiral Christophe Cluzel, en poste depuis le 15 juillet 2026, réclame un « choc de dronisation » pour multiplier les yeux et les bras de chaque coque. Pour les acheteurs, la question du coût de l'interception est devenue centrale : combien de munitions, à quel prix, pour quelle menace. Pour les industriels, enfin, le carnet n'a jamais été aussi rempli, ni la concurrence aussi vive, des chantiers allemands aux coréens.
C'est précisément à ces trois lecteurs que s'adresse le supplément Pro & Business que Défense Zone distribue sur le salon.
Ce dernier ne décrit pas les matériels exposés. Il raconte ce que ces deux années changent pour ceux qui conçoivent, achètent, commandent ou servent, à travers quatre enquêtes publiées en français et en anglais.
La présence française dans l'immensité du Pacifique, d'abord, avec les six Patrouilleurs Outre-mer : trente marins pour plusieurs millions de kilomètres carrés, et une question qui monte, celle d'une présence contestée.
La bataille sous la surface, ensuite : L'Invincible et les Suffren, l'Orka néerlandais, l'objectif des 6 000 mètres, les drones démineurs commandés après Ormuz, et ce que les concurrents de Naval Group vendent sous l'eau.
Le choc de dronisation voulu par le nouveau chef d'état-major : qui construit la flotte sans équipage, pour quoi faire, et selon quel modèle économique, entre la plateforme américaine à quarante millions de dollars et le consommable ukrainien à 250 000.
L'argent, enfin : qui paie les bateaux, dans une filière qui n'a jamais autant vendu, avec ses carnets, ses concurrents, sa cote et ses 6 000 recrutements prévus en 2026.
Où le trouver
Le supplément est remis gratuitement aux visiteurs pendant les quatre jours du salon, notamment sur le stand Défense Zone, 6D103, où l'équipe vous attend (voir Cap sur Euronaval 2026 avec Défense Zone). Sa version numérique est disponible dès l'ouverture dans l'espace Pro & Business. Les abonnés y retrouvent aussi les suppléments précédents (il y en a plus de 40 en accès premium).
Pour aller plus loin : s'abonner à Défense Zone Premium pour recevoir le magazine, les suppléments Pro & Business et les newsletters professionnelles.













