Lara tactical, des forces spéciales à l'entrepreneuriat

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Lara tactical, des forces spéciales à l'entrepreneuriat

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Bienvenue dans Defense Zone, le Podcast qui traite des questions de défense et de sécurité à travers des entretiens avec des militaires, des membres des forces de l'ordre, des personnalités politiques, ou encore des entrepreneurs.
 
L'objectif de cette émission audio disponible sur toutes les plateformes en ligne de Podcast est d'ouvrir au grand public les portes d'un univers d'ordinaire plutôt secrets, dans le but de donner à réfléchir à des questions qui nous concernent tous, quelles soient politiques, géopolitiques, économiques ou plus largement sociétales.
Dans ce nouvel épisode nous partons à la rencontre de Johan Lara, un ancien des forces spéciales qui est passé de militaire à YouTube. Ce jeune entrepreneur forme aujourd’hui des professionnels et des passionnés de tir via sa chaine YouTube « Lara Tactical », suivi pas plus de 40 000 abonnés.

 

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DZ : Est-ce que tu peux te présenter et nous expliquer ton parcours ?

LT : Je m’appelle Johan Lara, j’ai 32 ans. J’ai servi 13 ans dans l’institution militaire. Deux ans au 2e RIMA, ensuite j’ai rapidement basculé au 1er RPIMA pendant quasiment 11 ans. J’étais opérateur là-bas et j’ai éprouvé beaucoup de plaisir à servir au sein de cette unité qui m’a appris énormément et pour laquelle j’ai le plus profond respect.

 

DZ : Les forces spéciales Terre sont une unité très prestigieuse.

LT : Pour moi ça a toujours été le mythe. J’ai pu rencontrer des personnes qui y servaient quand j’avais 14-15 ans. Ils transmettaient des valeurs qui m’ont toujours fasciné, une certaine forme d’autonomie, de dépassement de soi-même, de cohésion au sein d’un groupe à qui on confiait des missions très précises, où il fallait maîtriser rapidement. Au même titre que des forces spéciales d’autres armées (commandos marines, CPA...), Bayonne fait partie de ces unités très prestigieuses effectivement.

 

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DZ : C’était un rêve de gosse ? Quand tu es entré dans l’armée tu visais tout de suite l’élite ?

LT : Tout à fait. En plus Bayonne à cette période-là ne prenait plus en direct. J’ai dû faire mes preuves dans une unité conventionnelle avant de pouvoir postuler au 1er RPIMA. C’est un parcours obligé, mais si j’avais eu l’opportunité de m’engager directement à Bayonne, si tant est qu’ils me recrutent à 18 ans, j’y serai allé. Après, à cet âge-là j’étais un peu immature, donc cette première unité a permis un peu de me formater et m’a appris sur ma personne et les valeurs au sein de l’armée.

 

DZ : Que retiens-tu de ton passage chez les forces spéciales mais aussi dans l’armée de terre ? 

LT : Je dirai qu’aujourd’hui je mène plusieurs casquettes. Tout récemment une casquette de papa, mais aussi d’homme de 32 ans, et de chef d’entreprise.

On peut dire que j’ai une chance, c’est de ne jamais avoir eu à servir au sein du 1er en tant que père. Je pense à ce déchirement que certains vivent lors des départs pour des missions où l’enjeu est différent et où on pense à ce qu’on laisse derrière. Je n’aurai pas eu l’opportunité de voir mon fils grandir. Donc là-dessus, j’ai de la chance.

En tant qu’homme ce sont des valeurs que je vais rechercher au quotidien, une forme d’abnégation, d’opiniâtreté dans la façon de voir les gens. Quand je dois mener à bien une mission aujourd’hui, je pense toujours à ces moments ou j’étais dans la galère au fond d’un trou, trempé, en ayant froid, faim ; ce genre d’expérience m’a poussé dans mes retranchements et me permet de relativiser.

Et enfin en temps que chef d’entreprise, je considère les choses différemment maintenant que je suis passé de l’autre côté. Je sais ce que c’est d’être en charge, d’avoir des comptes à rendre, des échéances à respecter, des gens sous ma responsabilité que je dois driver, de savoir trancher face à une décision qui peut avoir un impact significatif pour ma société et par extension sur ma vie familiale. Je comprends un peu mieux aujourd’hui les chefs qu’avant je ne comprenais pas.

 

DZ : On le voit sur ta chaine YouTube mais aussi si on a eu la chance d’être sur un stand de tir avec toi, tu es pédagogue, tu sais bien expliquer.

LT : Ça je ne sais pas si c’est l’armée qui me l’a inculqué, car même si je suis passé par le cursus semi-direct (Saint-Maix et donc des cours de pédagogie), je me suis retrouvé une fibre qui était en moi au final. Et puis quand je me souviens de mon enseignement au début dans l’armée, ce n’était pas toujours fun !

Cela étant dit, je n’ai jamais été un bon élève à l’école. Du coup aujourd’hui j’ai vraiment à cœur de me dire comment une personne telle que moi j’ai été comprendrait les choses et comment j’aimerais qu’on me les enseigne. En procédant ainsi j’ai l’impression que ça parle plus aux gens. Je n’aime pas ceux qui ont du savoir et nous le rejette au visage en disant « moi je sais, tu fais comme ça, tu vas comme ça ». Je n’ai jamais agi de telle manière, je prends mon temps, j’essaye d’analyser. J’ai lu deux livres d’une instructrice américaine et c’est là que j’ai compris que la pédagogie devait être adapté en fonction du sexe. On prend plus de précautions, on y va plus lentement, ou plus rapidement sur certains aspects.

C’est presque un langage différent la pédagogie, et ça me passionne. Peu importe le sujet, à partir du moment où on aime ce qu’on fait et qu’on aime transmettre notre savoir, je pense que ça se ressent. Et j’adore transmettre, que les gens à la fin d’une journée d’instruction me disent qu’ils n’avaient jamais vu ça sous cet angle-là. 

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DZ : Aujourd’hui ton activité principale est la formation. Tu peux nous en parler ?

LT : Ma société « Lara Tactical » est le nom officiel par lequel je dispense mes contenus techniques et didactiques et Salient Formation Equipement est le vrai nom. En fait je suis sur plusieurs axes.

Je peux travailler dans le domaine du cinéma pour rendre des scènes plus réalistes, me servir de mon passé militaire pour apporter de la valeur, ou donner la fibre quand un acteur me le demande.

J’interviens également pour des sociétés notamment dans le cadre de l’armement et du matériel. Je fais de la recherche et développement, je les aide à développer leurs produits, fort de mon passé militaire mais aussi de mon expérience actuelle car je suis souvent sur le pas de tir.

Et enfin il y a la formation au tir professionnel, pour différents services étatiques ou services de sécurité (police, gendarmes, militaires, unités spécifiques) pendant lesquelles je vais apporter mon expertise. Ça leur permet d’avoir un avis différent, parfois neutre parfois un peu plus objectif, sur lequel ils peuvent s’appuyer pour préparer d’autres séances.

 

DZ : Tu formes par exemple des opérateurs du RAID, du GIGN, de la BRI

LT : Oui, ce sont des unités dans lesquelles je suis amené à travailler. Ils connaissent leur boulot niveau tactique, et moi je viens leur apporter un petit élément technique ou une spécialisation qu’ils n’ont pas. Par exemple si demain une unité comme le RAID veut développer un pôle « low profile », travailler complétement en civil et à un moment s’équiper et partir sur une phase d’assaut, ils vont me demander si j’ai une expertise là-dedans et je vais pouvoir les aider. Parce que je me documente sur différents domaines et je distille ces différents savoirs pour les rendre plus facilement et rapidement accessibles. Si par contre ils me demandent ce que c’est de combattre avec un bouclier Ramses, là je leur dirai que je ne travaillais pas équipé en lourd comme ça donc je ne suis pas expert là-dedans. J’essaye toujours d’être humble et de reconnaitre quand ce n’est pas mon domaine.

 

DZ : Tu formes aussi des civils, des gens qui ont envie de mieux tirer en stand de tir ?

LT : J’aimerai le faire, et la raison pour laquelle je ne le fais pas est que je ne suis pas encore moniteur de tir agréé par la fédération française de tir. Et je ne le fais pas non plus notamment pour des raisons de sécurité, qui fait assez polémique aujourd’hui.

On ne contrôle pas tout ce qu’on peut trouver sur le net. Si des gens veulent apprendre à ouvrir un angle, à entrer dans un bâtiment, comment armer une AK47, ils vont sur YouTube et ils trouvent les réponses dans n’importe quelle langue. Moi je ne dispense que du contenu technique, je réserve la tactique aux professionnels. Par contre quelqu’un peut acheter une arme, être à peu près en sécurité avec, passer ses trois tirs contrôlés et aller dans un stand de tir. Et c’est là qu’on découvre que dans les stands il peut y avoir de véritables dangers, pour tout le monde. J’ai envie de m’adresser à ces gens-là et de leur dire qu’il n’y a pas de problème s’ils ont envie d’améliorer leur précision, travailler leur posture etc. Pourquoi on ne pourrait pas s’adresser à eux ? Quelqu’un qui pratique le tir sportif de vitesse, objectivement c’est quelqu’un qui sait bouger vite, placer des impacts rapidement, ça peut être un véritable assassin. Quels sont les filtres qui vont déterminer s’il sera un futur criminel en puissance, un terroriste ?

Je pense que c’est un faux débat. Même quelqu’un qui n’a pas un fichier qui lui pèse dessus, qui n’a pas été arrêté pour des délits ou autre, peut péter un plomb du jour au lendemain, sans qu’on puisse le prévoir. Donc soit on supprime toutes les armes et on ne supprime pas le problème car on peut obtenir une arme illégalement. Soit on éduque, on rend cette discipline plutôt accessible afin qu’on puisse la dédiaboliser et pas simplement pointer du doigt et dire « ce sont des civils donc ils n’ont pas le droit à l’instruction, ils ont juste le droit de tirer 10 cartouches à 25m ». On peut éprouver du plaisir à bouger, à tirer avec des armes, sans être un terroriste en puissance. Dès que j’aurai l’opportunité de le faire autrement qu’avec des simulateurs de tir, je m’adresserai aussi à cette communauté-là.

 

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DZ : En France, il n’y pas cette culture de l’arme à feu, de défendre sa famille en cas de terrorisme etc. On a aussi un peu peur de l’arme, des accidents que ça cause (chasseurs, accidents dans les stands de tir…)

LT : J’aime bien m’attacher aux statistiques. Combien y a-t-il de tireurs sportifs en France ? Et dans ces gens-là, combien ont des armes de catégorie B ? En tir sportif on est environ à 200 000 personnes. Les chasseurs se comptent en millions. Le tireur sportif qui veut faire un peu de tactique est vraiment anecdotique à l’échelle national et des millions de personnes qui ont une arme. C’est une toute petite niche en réalité.

 

DZ : Une niche qui est en train de grossir ?

LT : Je crois oui. Elle suscite de l‘intérêt, je vois via les réseaux sociaux de plus en plus de personnes qui aiment prendre en photo leur arme, qui ont envie de se faire plaisir tout simplement.

Le contexte socio-culturel est différent des Etats-Unis ou de la Suisse, en France on n’a pas le droit de porter une arme au quotidien. Si on prend le cas de la légitime défense j’ai le droit d’utiliser mon arme si j’en détient une. Mais selon le code de la sécurité intérieure, une arme de catégorie B est censée être dans un coffre séparé des munitions. Si quelqu’un entre par effraction chez moi, qu’il doit traverser un couloir avant d’arriver jusqu’à moi, et que j’ai eu le temps de prendre mon arme de mon coffre et y mettre les munitions, alors c’est une action délibérée. Je pense que l’armement est un sujet sensible à partir du moment où on est dans une sorte de zone grise. Quelqu’un qui déboule chez moi, je ferme la porte de ma chambre, j’appelle la police, et j’annonce qu’à partir du moment où il passe le pas de ma chambre c’est à ses risques et périls. Mais avant ça, qu’il vole ou qu’il casse ce qu’il veut, j’ai des assurances pour ça. Tant qu’il ne touche pas à ma famille il n’y a pas de souci. Après c’est différent dans le cas où mon enfant vit à deux chambres de moi, qu’il faut que j’y aille pour assurer sa sécurité, là on n’est plus dans le même cadre. Par contre, de prendre une arme à feu et de dire qu’on va tuer le mec, je ne pense pas qu’on sera nécessairement dans le cadre de la défense personnel. C’est un sujet épineux dont peu de personnes parle, mais je crois que prévoir sa défense personnelle dans sa maison, cela se prépare en amont psychologiquement (Comment je procède si quelqu’un rentre chez moi par effraction ? Quels sont les gestes que je mets en place ?)

Si on parle de tactique, je pense qu’il est intéressant de se poser la question de l’airsoft. On entend souvent que les armes à feu sont dangereuses. Il faut m’expliquer alors comment quelqu’un qui est juste tireur sportif, qui tire une fois par mois 50 cartouches, peut être plus dangereux que quelqu’un qui s’entraine quasiment toutes les semaines avec son équipe d’airsoft à de la tactique, qui fait des ouvertures d’angles, qui simule être dans un véhicule, être pris à partie. C’est un milieu dans lequel beaucoup de militaires et policiers s’entraînent et qui enseignent à des équipes civiles, sur qui on a aucun contrôle sur les personnes qui composent le club d’airsoft en question.

Je ne suis pas anti-airsoft, bien au contraire toutes les communautés pour moi sont les bienvenues. Mais je trouve ça dommage de pointer le doigt sur la catégorie B alors qu’on peut pratiquer des choses plus dangereuses en termes de tactiques, si on jette un œil à d’autres disciples (paintball, airsoft etc)

 

DZ : Après l’airsoft reste une discipline dont les munitions sont des billes de plastique.

LT : Quand on regarde deux chats se battre ensemble pour jouer, ils miment l’action de combattre. Mais lorsqu’ils se battent dans la rue avec un chat rival, ils utilisent les mêmes gestes, les mêmes techniques, sauf que cette fois ils appuient beaucoup plus fort sur les griffes et sur les crocs. Bien que la comparaison soit enfantine, c’est le même type de choses qu’on peut appliquer en airsoft.

Dans l’idée qu’est-ce qui différencie une réplique d’airsoft d’une arme réelle, si ce n’est le recul, le relèvement ? Rien. En réalité, le poids est le même, le déplacement est le même, les gens sont les mêmes, et ils veulent se rapprocher du réel dans la manière de couvrir, de communiquer, de faire des points topographiques, de mettre en place une tactique qu’on peut voir au sein des armées.

A ce moment-là, la loi doit s’appliquer pareillement pour tout le monde. Qui est-ce qu’on va chasser ? Des gens capables de se déplacer rapidement, d’appliquer des tirs de précision ? Ou le tireur sportif du samedi qui a juste envie de se faire plaisir avec son arme à feu ? Je pense qu’il n’y a pas une catégorie qui est dangereuse. Si on prend la tactique il faut aller regarder partout.

 

DZ : Revenons sur la question de la formation. Tu formes des professionnels à quelque chose qu’ils font tous les jours (RAID…) ou un peu moins (infanterie, police…) Est-ce que tu considères, avec ton expérience, que la formation au tir au sein des institutions est suffisante/insuffisante ?

LT : C’est une très bonne question. J’ai eu cette réflexion lorsqu’on a été invité l’été dernier à la police judiciaire en Lausanne. Ce commissaire a dit qu’il était en train de mener une étude d’un an sur la manière de former des individus avec un nombre de cartouches défini par an, et s’il fallait changer la manière de procéder. Concrètement, quelqu’un qui tire 50 cartouches par an, il y a une insuffisance en termes d’entraînement. On peut utiliser des simulateurs de tir mais à un moment donné il faut se placer derrière une arme et tirer. Aujourd’hui je suis dans le privé. Je vais pouvoir déterminer en termes de biomécanique de quelle manière il vaut mieux se positionner pour être plus efficace etc…

Mais il ne faut pas dire que l’école de police est mauvaise, absolument pas. Les instructeurs qui en sortent tirent beaucoup, ont des éléments de langage, ce sont des formateurs techniques. Je pense que là ou il y a un problème c’est en termes de temps alloué à l’instruction, c’est-à-dire le nombre de fois où les gens se rendent sur le pas de tir, le nombre de cartouches tirés, et l’intérêt suscité. Un instructeur qui ne suscite pas l’intérêt de ses stagiaires, pas beaucoup de cartouches à tirer, et des disponibilités de pas de tir réduites… à la fin on a tous les éléments qui conduisent peut-être demain à un policier sur la voie publique qui tire tout azimut, qui perd ses moyens, qui n’aura pas de tirs précis, car toutes les cases auront été cochées sur le manquement à l’instruction.

Alors, pourquoi ? Parce que le taux d’engagement est énorme aujourd’hui (polices, armées…), les budgets sont réduits partout, et on se dit qu’il faut tirer vite fait les 90 cartouches car il faut aller remplir des dossiers, patrouiller etc. Mais pour beaucoup le cœur du métier est l’action du doigt sur la queue de détente. Au moment où le projectile quitte le canon, il ne devient qu’une restitution d’un ensemble de techniques tactiques, psychologiques et de conditionnement. Si j’ai appuyé sur cette queue de détente 20 000 fois cette année avec un entraînement régulier, je suis pratiquement sûr que mon projectile va aller là où je veux en comparaison de quelqu’un qui a tiré 30 cartouches.

Je pense que le problème est plus large et complexe que ce qu’on veut penser. On peut mettre le budget, être illimité en munitions, à un moment donné il faut aussi un nombre d’instructeurs correct, la motivation des stagiaires, la disponibilité des pas de tir. Je suis très régulièrement en contact avec des professionnels, et c’est toujours le même constat : on a les 30 cartouches à tirer, vite fait entre midi et 14h… Comment peut-on restituer quelque chose ? Dans ces conditions ce n’est pas possible.

Quelles sont les pistes d’améliorations ? Soit on augmente les effectifs et on fait un turn over, soit on met plus d’instructeurs, mais il faut trouver des solutions. Toutefois tout le monde le sait, le nerf de la guerre c’est le budget, c’est là aussi où ça va poser problème.

 

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DZ : Ces professionnels sont obligés, s’ils ont envie de devenir meilleur, de faire par eux même. Un peu comme ils sont obligés de s’équiper en achetant du matériel dans des boutiques spécialisées. Est-ce que tu penses qu’au final, ce n’est pas ça la solution ?

LT : La privatisation est une solution. Encore une fois ça va être une question de budget. Mais à un moment donné, la privatisation nécessite une cohérence au niveau de toutes les sociétés sollicitées, que ce soit des gens formés ou des gestes techniques. Un policier ou gendarme qui va ouvrir le feu pour la première fois sur la voie publique doit avoir une ligne directrice. Et le problème de la privatisation est le risque d’avoir des baroudeurs de toute sorte, c’est pourquoi il faudrait une certaine forme de contrôle (de plus en plus de privés ouvrent leur stand de tir aux forces de l’ordre).

Dans le cadre de l’instruction de tir professionnel, je dirai que nous faisons gagner du temps aux instructeurs car on leur donne de nouvelles voies de réflexion. Mais si demain la police me dit « ça c’est la voie à suivre et on te forme aux techniques de la police », je serai content et je me dirai que je peux former des policiers en suivant cette voie.

La privatisation est une forme de solution mais pas LA solution ultime. Il faut s’appuyer dessus mais ça peut avoir des dérives.

 

DZ : Des dérives, et au final tout est une question d’opinion publique. C’est compliqué pour un gouvernement de vendre à des électeurs le fait que si demain ils veulent se former à tirer avec une arme à feu c’est tranquille. C’est l’éternel débat aux États-Unis. En France, il y a aussi la mouvance du survivalisme qui arrive. Certains Youtubeurs s’engouffrent là-dedans, croient à un effondrement et pensent que c’est utile de savoir se servir d’une arme à feu, au-delà de défendre sa famille.

LT : Je pense qu’il y a plusieurs types de survivalistes.

Il y a celui qui se dit que si demain la société s’effondre, il veut savoir pêcher, monter un abri, se réchauffer. Je trouve ça super, et on a un tas de choses à apprendre d’eux. Selon moi, ce sont des gens qui creusent le sujet et sont capables de soigner, de se nourrir correctement et en sécurité, de chasser. C’est une forme de loisir et qui peut répondre à une situation future.

Par contre j’émets de la réserve sur les survivalistes qui pensent à un effondrement total et au moment où il faudra tous s’armer pour se foutre sur la gueule. J’ai un peu le sentiment qu’ils partent dans des dérives, dans lesquelles les gens vont se replier sur eux-mêmes et vouloir faire du mal à leurs prochains, peut-être pas gratuitement mais en créant des communautés etc. Je ne sais pas dans quelle direction ça peut partir, on a vu des survivalistes avec un équipement de fou furieux, qui ont un savoir-faire technico-tactique et qui s’en prennent ensuite à leur propre pays, leur propre famille. Là je pense qu’il y a un problème, surtout que ces gens-là ne passent pas par des filtres de sélection comme on a à l’armée par exemple. Ils s’endoctrinent presque eux-mêmes, sur les réseaux qui alimentent leur propre vision apocalyptique ; et je pense que d’une certaine manière on parle presque d’une forme de terrorisme de la pensée, d’aller là-dedans et de dire que si demain tout s’effondre, tout le monde est mon ennemi. Il n’y aucun contrôle et je crois que c’est ça qui est problématique.

 

DZ : C’est compliqué aussi de contrôler ce qu’il y a sur internet. Tu fais partie des gens qui se sont lancés sur YouTube, et tu montres des armes à feu, ce qui n’est pas banal. Quelle est ton audience ?

LT : Je pense qu’il y a plusieurs communautés. On ne peut pas le tracer sur YouTube, mais je sais qu’il y a des tireurs sportifs, des professionnels, des airsofteurs, des survivalistes. En fait, elle est composée de toutes les personnes qui touchent au domaine des armes, à feu ou non, de plus ou moins loin.

J’ai aussi découvert récemment qu’il y a des gens qui n’ont rien à voir avec le domaine du tir, qui m’ont vu dans leurs recommandations (je parle parfois de biomécanique, de neurosciences, d’aspects qui ont été occultés pendant des années), qui cliquent dessus et découvrent ma chaine. Ils y voient des liens entre leur sport et le tir, et dans ce cas là ça donne une image plutôt positive du tir, contre les clichés, et avec une transférabilité des savoirs.

Sur Instagram ou autre, j’ai pas mal de retours positifs et ça me motive à faire toujours plus de recherches. J’éprouve moi-même un enrichissement personnel que j’essaye de transmettre aux autres, et je suis content que ça atteigne un spectre plus large que juste ceux qui utilisent des armes.

 

DZ : Est-ce que tu peux nous parler du diplôme d’armurier ?

LT : Ce n’est pas compliqué de l’obtenir, il faut savoir de quoi on parle, avoir des connaissances sur la sécurité intérieure. C’est un QCM final et quelques questions ouvertes. Ça dure environ deux mois, dont trois semaines passées à l’école. Il faut s’investir. Ça m’a amené à rencontrer du beau monde et j’ai découvert d’autres aspects que je n’avais jamais connu : les pressions dans la munition, la manière dont c’est fait, la mécanique, la résistance aux pressions dans le canon...

 

DZ : Pour ceux qui n’y connaissent rien à l’armement, combien coûte une arme ? Peux-tu nous parler de gamme de prix concernant les armes les plus classiques ?

LT : Entre le marché de l’occasion et le neuf il y a bien évidemment une différence (usure, cote…) Pour un glock il faut compter entre 600 et 900€ selon le modèle, et 400€ pour de l’occasion. Pour un fusil d’assaut entrée de gamme, nu sans accessoire, il faut compter 1000€ pour du très basique ; mais quand on commence à viser des gammes plus importantes il faut compter sur du 2000€ sans accessoires. Après ça dépend ce qu’on ajoute dessus (optiques, lasers…)

Mon pistolet actuel est un shadow system, on est un peu en dessous de 2000€, accessoires compris. Donc c’est quand même une arme qui n’est pas accessible à tout le monde. Ça peut vraiment aller du simple au double ou quadruple.

 

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DZ : Comment ça se passe pour acheter une arme ? Si moi demain je veux acheter un glock par exemple ?

LT : Un civil doit s’inscrire à un club de tir, passer une visite médicale, réaliser trois tirs contrôlés, et faire une demande d’avis préalable qui permet en complément d’autres documents à fournir à la préfecture de demander une acquisition et détention d’arme d’une catégorie B.

Pour les autres catégories c’est différent. Au niveau administratif il faut juste une carte d’identité pour la catégorie D et une demande spécifique pour la catégorie C (fusil de chasse).

Si tu veux acheter un glock il faut compter, au plus rapide entre l’inscription au club et la validation de la demande, six mois.

 

DZ : C’est tout de même long ?!

LT : C’est relativement long, on ne peut pas aller dans une armurerie et acheter une arme comme ça. Là-dessus, il ne faut pas être fiché S, ne pas être inscrit au fichier FINADA (fichier national des personnes interdites d’acquisition et de détention d’armes). Il y a un certain nombre de filtres à passer et c’est moins facile que ce que les gens peuvent penser. Le permis chasse donnera accès à un certain type d’armement, mais on n’est pas du tout sur de l’AK47, du glock etc.

 

DZ : Quand on fait ces démarches, qu’on a son glock, comment ça se passe si on veut une AK47 par exemple ?

LT : Aujourd’hui les armes sont classées par calibre, contenance de chargeur, encombrement. Plus une arme est petite, plus elle peut tirer de munitions, plus elle appartient à une catégorie à risque, plus elle va dégringoler dans les catégories et passer dans de la catégorie A, qui ne sera pas du tout autorisée pour les civils. Pour la catégorie B, si j’ai un canon très long, un chargeur 10 coups, je peux acheter un M4. Mais force est de constater qu’après, les gens ont tendance à vouloir les modifier, avoir des chargeurs 30 coups, et au final ils contournent la loi.

Pour rappel, la détention de pièces d’armement ou d’armement non autorisé, c’est 4 ans d’emprisonnement et 75 000€ d’amende.

 

DZ : Une fois qu’on a passé toutes ces étapes, qu’on a de l’armement, comment fait-on pour bien tirer ? On peut prendre des cours, avoir un coach ?

LT : C’est justement là où il y a une absence totale d’instruction dans les clubs de tir. Les seuls qui vont avoir de l’instruction sont ceux qui vont passer dans le tir sportif de vitesse. Dans un club c’est souvent soit un moniteur de tir de la fédération mais pas toujours dispo, ou soit un échange entre membres mais sans réelle instruction de fond. Ce qu’ils font pour contrer ça généralement, c’est de monter petit à petit, d’abord avec du plomb, puis du petit calibre, du 22mm, puis du 9mm, pour avoir une certaine forme de progressivité. Mais ce n’est pas appliqué dans tous les stands, et c’est au bon vouloir du président du club.

 

DZ : Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui veut devenir meilleur tireur autre que par les conseils dans les stands de tir ?

LT : Suivre mes formations en ligne ! Disons que là-dessus, on va explorer les fondamentaux. Le problème des vidéos internet est qu’on peut avoir de tout là-dedans. Il faut se rapprocher de personnes qui ont un passif dans la police, les armées, qui sont à l’aise avec leurs armes et plus à même d’en parler, qui vont pouvoir apprendre les bases en termes de manipulations. Ou alors il faut se rapprocher du ministère au sein de la fédération française de tir.

Mais aujourd’hui c’est presque la normalité d’être dans un stand, de discuter, tout le monde pense savoir, croit savoir, tout le monde regarde son voisin et s’en inspire. C’est comme ça que les gens apprennent à tirer.

 

DZ : Toi tu t’es lancé dans la formation en ligne. Qu’est ce qui t’as poussé dans cette voie-là ?

LT : Il y a eu l’impossibilité de faire du présentiel à cause du covid, mais il y a aussi le fait de vouloir être accessible au plus grand nombre. Quand j’annonce le prix journalier pour me déplacer, le tarif rebute souvent. Mais entre le déplacement aller-retour, les nuits d’hôtel, la nourriture, et les taxes et cotisations à payer, il ne reste plus grand chose. J’ai fait le constat que le présentiel commençait à devenir compliqué, alors je me suis demandé comment transmettre un savoir et comment aller chez eux si eux ne peuvent venir à moi. Je me suis lancé de manière assez timide, je n’avais pas les ressources financières pour investir dans du gros matériel. Aujourd’hui je peux, donc ce qui va suivre sera d’une nette amélioration en termes de professionnalisme et de qualité visuelle.

 

DZ : Il n’y a que toi sur ce marché en France ?

LT : Je pense oui, en termes de vente de vidéos. Il y a des livres évidemment, mais en tout cas en vidéo, je n’ai rien trouvé, pas en français.

 

DZ : Est-ce que tu penses que c’est un créneau qui va rapidement voir arriver des concurrents ?

LT : Je pense oui, maintenant que ça fonctionne bien. D’ailleurs j’encourage les gens qui veulent se lancer en indépendant dans ce domaine-là, c’est possible. Et s’ils veulent une plateforme sur laquelle ils veulent s’exprimer et bénéficier d’une visibilité déjà acquise, ils peuvent me contacter, je serai heureux de leur donner accès à la mienne. Si quelqu’un me dit être expert dans tel domaine, je viens avec mon équipe, on tourne, on monte, on lui montre le résultat, et on met en ventre sur notre plateforme. Ça lui fera gagner de la visibilité, et pour lui comme pour nous ça fait gagner de la crédibilité et de l’argent.

Je pense que tout ça va se développer, et que la voie société de production va voir le jour, pour que les gens qui veulent s’exprimer sur ce sujet puisse le faire.

 

DZ : Quel conseil voudrais-tu partager à quelqu’un qui voudrait devenir entrepreneur après avoir quitté l’armée par exemple ?

LT : Il va y avoir plusieurs phases, que j’ai traversé moi-même. Au début on commence avec un certain engouement, on se dit qu’on va révolutionner le domaine. Ensuite il y a le mur de la réalité qui arrive très rapidement, que ce soit au niveau des charges administratives, au niveau financier, au niveau de la difficulté de se faire un nom, de se faire sa place, qui est beaucoup plus compliqué que ce qu’on imagine. On est soumis aussi à la critique.

Je dirai que ce qui permet de passer ces filtres-là, c’est de se dire qu’on ne va rien lâcher et aller jusqu’au bout de notre objectif. A un moment donné c’est peut-être de la folie, on a dépensé beaucoup de temps, d’énergie et au final peut-être que ça vaut le coup d’arrêter et de se rendre à la raison. Mais moi je crois à la bonne étoile, je crois qu’on est tous fait pour quelque chose. Moi je le sens dans mes tripes quand j’enseigne, quand je pose mes mains sur les mains de mon stagiaire et que je lui dis la bonne manière de faire, je crois en mon message, j’y crois fortement. Je ne dis pas que je détiens la vérité, je détiens une vérité. A celui qui voudrait se lancer là-dedans, je lui conseillerai de donner tout ce qu’il a, donner du temps, de l’énergie, ce sont des sacrifices financiers aussi. En vérité, quand je suis sorti de ma première boite j’ai tout remis à zéro, quand je suis parti de l’armée j’ai tout remis à zéro, je suis sorti sans retraite militaire, j’ai été au chômage. Ça a duré deux ans, les factures qui tombent, mon épouse qui me disait que ça serait bien que mon projet décolle. Je me suis beaucoup déplacé en France, en prenant sur mes économies. Du coup il faut réussir à tenir le cap moralement, de continuer car au bout ça vaut le coup.

Mon grand-père a fui sous le régime de Franco. Il a commencé à travailler à 14 ans et il est mort d’un cancer quand il venait juste d’arriver à la retraite. Mon père s’est engagé à l’armée. Je sais ce que c’est d’arriver sans toutes les cartes en main. Je ne veux pas faire mon mec genre j’ai vécu dans les cités, mais j’ai vécu dans des barres d’immeubles, je sais ce que c’est de ne pas avoir d’argent, d’être gamin et de regarder les gens qui portent des Nike et moi qui porte le même pantalon toute la semaine. Je sais ce que c’est de galérer, de lutter. J’avais une situation confortable à l’armée, j’avais cette aisance au quotidien de pouvoir acheter une voiture, faire un crédit, faire du sport tous les matins. J’ai connu ce confort, et je l’ai laissé tomber pour réaliser mon rêve de faire de l’instruction. Je ne sais pas où la vie me portera dans cinq ans. Mais le message que je porterai est que ce n’est pas parce qu’on n’a pas toutes les cartes en main qu’il faut abandonner.

L’année dernière j’ai eu des doutes, je n’avais plus de réserve financière. Mais je me suis battu, car j’y crois. C’est une aventure qui m’a permis de rencontrer pleins de gens et j’espère qu’elle continuera, que les gens trouveront ce contenu intéressant. Il faut croire en ce qu’on aime.

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DZ : Qui ose gagne !

LT : Exactement. Ça c’est une vraie phrase de vie quand on y pense ! Des gens comme Steve Jobs n’ont pas commencé non plus avec toutes les cartes en main, mais sont des gens qui y ont cru. Je suis admiratif des mecs qui ont monté des distilleries complètes, à fabriquer des bières aujourd’hui mondialement connues alors qu’ils ont commencé apprenti chimiste dans leur garage. Je m’inspire de ces gens-là, et je me dis que s’ils ont réussi je peux réussir aussi, et j’aurai de belles choses à raconter.

 

DZ : Est-ce que ce n’est pas au final une suite logique de ton passage au 1e RPIMA, d’être capable avec peu de matos de trouver une solution ?

LT : J’ai un peu de mal avec les gens qui surfent sur la vague de leur ancienne unité, je ne me servirai pas de ça pour donner une quelconque crédibilité ou légitimité à mon discours. Ce que je produis aujourd’hui c’est ce que je creuse. Les mauvaises langues diraient que j’ai tout piqué à l’armée. Non, je ne vole rien, j’approfondis chaque jour. Les gens qui me connaissent savent que je suis un acharné du boulot, je passe beaucoup de temps derrière mon écran de PC, je prends beaucoup de notes, je m’investis beaucoup. Et ce qui me permet de continuer tout ça ce sont les proches qui nous soutiennent au quotidien dans les hauts comme dans les bas. Je pense que dans les unités, spécialisées ou pas, c’est à ça que rassemblent des camarades. Et quand on prend du recul et qu’on pense aux anciens en 14-18, aux guerres comme Dien Bien Phu, on relativise un peu. Lorsque j’ai des coups de blues je suis content d’avoir mes camarades avec qui boire une bière le soir, d’avoir ma femme qui vient me renforcer, ma famille. Au même titre que dans des régiments, ce n’est pas tout seul qu’on le fait. C’est pour ça que jamais je ne ferai l’affront à mes anciens camarades de me vanter de telle action ou mission. On était ensemble, bien souvent ce n’est pas moi qui ai été le décisionnaire, qui ai pu ouvrir le feu ou autre, ça se fait en équipe soudé. Le plus profond respect vis-à-vis de ces militaires toujours en unité, c’est d’éviter de la ramener. Et puis quelque part c’est le passé.

 

DZ : On peut faire le parallèle avec l’entreprenariat, où on a l’impression d’être un peu seul. Or on n’est jamais seul, avec le cercle familial. Et on peut aussi se rattacher à ce qu’on a fait avant, s’inspirer de mentors qu’ils soient vivants ou morts.

LT : Dans le domaine du tir, même si on découvre de nouvelles voies, de nouvelles façons d’enseigner, la roue a déjà été inventé. Loin de moi l’idée de dire « j’ai inventé ça ». Je prends les éléments qui me plaisent et je les mets à ma sauce. Je discutais avec un instructeur de tir qui me disait « je ne comprend pas, quand c’est moi qui le dis on ne m’écoute pas, quand c’est toi ils veulent tous faire pareil. Pourtant on dit la même chose ». Oui, mais on ne le dit pas de la même façon. Et cette conversation était très intéressante, parce que je lui ai expliqué qu’il faut aussi démontrer ce qu’on raconte. Comment être convainquant, crédible, quand on ne montre pas ?

A juste titre tu parles de mentor. Dans la photo tu as des gens qui t’inspirent, dans le domaine du tir j’en ai aussi.  Celui qui m’a fait gagner beaucoup de temps c’est Jean Vermeersch, un policier qui aujourd’hui est plus proche de la retraite. A l’époque il travaillait avec Philippe Perotti, et c’est le genre de personnalité que j’aime beaucoup car soit on l’aime soit on ne l’aime pas, mais on ne peut pas rester neutre ! Il m’a énormément donné, a considérablement enrichi ma réflexion, du coup j’ai un profond respect pour lui. Je considère vraiment l’instruction comme le padawan et le Jedi, quelqu’un qui nous guide jusqu’au moment où on est capable de voler de ses propres ailes. Prêt ou pas prêt, c’est ton envol ; tu vas commettre des erreurs mais c’est ça aussi l’enseignement. Aujourd’hui le seul retour que je puisse avoir c’est de bénéficier de cette visibilité-là et lui rendre ce qui lui est dû. Je suis un peu plus dans la lumière mais sans lui clairement je ne serai pas là où j’en suis. Je peux maintenant lui dire aussi quand je ne suis pas de son avis, ce que je n’aurai jamais fait avant ! Et puis peut-être qu’un jour c’est moi qui aurai un padawan, à qui je transmettrai, et qui à son tour transmettra. C’est ça la transmission du savoir.

A juste titre tu parles de mentor. Dans la photo tu as des gens qui t’inspirent, dans le domaine du tir j’en ai aussi.  Celui qui m’a fait gagner beaucoup de temps c’est Jean Vermeersch, un policier qui aujourd’hui est plus proche de la retraite. A l’époque il travaillait avec Philippe Perotti, et c’est le genre de personnalité que j’aime beaucoup car soit on l’aime soit on ne l’aime pas, mais on ne peut pas rester neutre ! Il m’a énormément donné, a considérablement enrichi ma réflexion, du coup j’ai un profond respect pour lui. Je considère vraiment l’instruction comme le padawan et le Jedi, quelqu’un qui nous guide jusqu’au moment où on est capable de voler de ses propres ailes. Prêt ou pas prêt, c’est ton envol ; tu vas commettre des erreurs mais c’est ça aussi l’enseignement. Aujourd’hui le seul retour que je puisse avoir c’est de bénéficier de cette visibilité-là et lui rendre ce qui lui est dû. Je suis un peu plus dans la lumière mais sans lui clairement je ne serai pas là où j’en suis. Je peux maintenant lui dire aussi quand je ne suis pas de son avis, ce que je n’aurai jamais fait avant ! Et puis peut-être qu’un jour c’est moi qui aurai un padawan, à qui je transmettrai, et qui à son tour transmettra. C’est ça la transmission du savoir.


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