Le groupement commando montagne de la 27e BIM

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Le groupement commando montagne de la 27e BIM

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Le groupement commando montagne (GCM) est une unité d'élite opérationnelle répartie dans les bataillons et régiments de la 27e Brigade d'infanterie de montagne (27e BIM). Elle regroupe environ 200 hommes qui ont la particularité de pouvoir être déployés en haute montagne et dans des zones aux conditions climatiques extrêmes. 

 

Histoire du groupement commando montagne

Les Sections d’éclaireurs skieurs (SES)

Les Sections d’éclaireurs skieurs (SES) ont été créées en 1931. Une SES était une unité de reconnaissance en montagne. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle servait au profit d'un régiment d'infanterie alpine, d'un bataillon de chasseurs alpins ou d'un bataillon alpin de forteresse.  

Chaque SES était composée d'une quarantaine d'hommes. Ils étaient encadrés par des officiers, préalablement formés à l'école militaire de haute montagne. 

Le héros du maquis des Glières, officier et résistant, Tom Morel (1915-1944), appartenait aux SES. 

 

Les Sections de renseignement (SR)

Les Sections de renseignement (SR) ont été créées après la Seconde Guerre mondiale. Chaque bataillon et chaque régiment de la brigade de montagne disposait alors d'une SR composée des meilleurs montagnards. 

Ils ont peu à peu été utilisés pour du renseignement dans les zones difficiles d'accès. Les SR ont été déployés dans les Balkans pour des missions de renseignement.

Les équipes des SR étaient appelées les "Invisibles" en raison de leurs missions de renseignement en terrains difficiles. 

 

URH 27 (Unités de recherche humaine)

En 1988, les Sections de renseignement se regroupent sous l'appellation URH 27 (Unités de recherche humaine). Elles comptent alors 135 personnels composés d'officiers, de sous-officiers et d'EVAT (engagés volontaires de l'armée de Terre). 

Les URH 27 sont composées de chaque corps de la brigade de montagne : 

  • trois sections de recherche (une pour chaque bataillon)
  • un groupe de recherche dans chacun des deux régiments d'appui et du régiment de blindés
  • un élément de commandement à l'état-major de la brigade

Les équipes sont amenées à travailler pour la brigade directement aux ordres du général. Elles peuvent aussi être détachées pour des missions au profit du groupement tactique interarmes (puisque l'URH dispose de capacités de conduite de tirs indirects et de capacités de reconnaissance du génie).

Leur mission principale est la collecte de renseignement en milieu fermé et ouvert. En cas de coercition de force, elles fournissent le renseignement qui sert à anticiper la manœuvre ennemie, détruire des objectifs dans la profondeur et contrôler l'espace terrestre.

 

Mise en place du GCM

Les URH 27 deviennent le groupement commando montagne (GCM) en 2006.

Le GCM, contrairement aux URH 27, réalise, en plus des missions de renseignement, des missions offensives de combat.

 

 

 

La 27e brigade d’infanterie de montagne

La 27e brigade d’infanterie de montagne (27e BIM) est une unité de l'Armée de Terre surnommée "troupes de montagne". La brigade est composée de 6.600 soldats de montagne et dispose d'une réserve opérationnelle d'environ 1.200 hommes.

Depuis 2016, elle est rattachée à la 1re division SCORPION. Son état-major est situé à Varces (Isère). Depuis juin 2020, elle est commandée par le général Hervé de Courrèges. 

La 27e BIM a été créée en 1999 par changement d'appellation de la 27e division d'infanterie alpine (27e DIA). 

  

 

Missions et spécificité

Cette brigade interarmes a "la spécificité montagne" c'est-à-dire qu'elle peut réaliser ses missions dans des milieux aux conditions climatiques extrêmes, et dans des milieux montagneux ou escarpés. 

Elle réalise des missions de projection, de prévention, et de protection du territoire (assistance aux populations, actions de sécurité en cas de crise). Elle peut être projetée sur tous les territoires dès les prémices d'une crise qui nécessite l’emploi de la force armée. 

La 27e BIM a été ou est projetée dans les pays suivants : Liban, Djibouti, Tchad, République centrafricaine, Sénégal, Côte d'Ivoire, Kosovo, Bosnie-Herzégovine, Macédoine et Afghanistan tous les hivers depuis 2008 dans la province de Kapisa.

Elle assure aussi des missions intérieures comme : Vigipirate, la tempête de 1999, Statère, Héphaïstos, Sécurisation du G8 (EVIAN)... 

 

Composition, matériel, formation

La 27e BIM est composée de six corps de troupe opérationnels aux capacités propres : 

  • Capacité d'infanterie : trois bataillons de chasseurs alpins (7e BCA de Varces, 13e BCA de Chambéry, 27e BCA d'Annecy)
  • Capacité à l'engagement blindé : 4e régiment de chasseurs (4e RCh) de Gap
  • Capacité feux dans la profondeur, défense sol-air et renseignement : 93e régiment d’artillerie de montagne (93e RAM) de Varces
  • Capacité appui génie : 2e régiment étranger de génie (2e REG) de Saint-Christol, qui est un régiment de la Légion étrangère
  • La 27e compagnie de commandement et de transmissions de montagne (27e CCTM), de Varces
  • Le groupement commando montagne (GCM) implanté dans chacune de ces unités

Concernant le matériel, la brigade possède : des engins roues canon (ERC), des Sagaie, des véhicules de l'avant blindés (VAB), des véhicules haute mobilité (VHM), des véhicules articulés chenillés (VAC), des canons CAESAR, des postes antichars, des motoneiges, et des moyens d'aide au franchissement ou de protection de zone. Depuis peu les unités d’infanterie de la 27e BIM sont équipés du nouveau véhicule de combat de la gamme Scorpion : le Griffon.

La 27e BIM est dotée d’une capacité de formation et d’expertise adaptées à sa spécificité : l’École militaire de haute montagne (EMHM) et le groupe militaire de haute montagne (GMHM) à Chamonix, le centre de formation initiale militaire (CFIM) à Gap, le groupement d’aguerrissement montagne (GAM) à Modane.

 

 

Répartition du GCM dans les unités de la 27e BIM

Le GCM dépend de l'état-major de la brigade. Ses 200 hommes sont répartis et intégrés au sein des différentes unités de la 27e BIM et appartiennent donc à un régiment ou à un bataillon. Hors temps de crise, chaque unité peut utiliser la section GCM qui lui est rattachée pour un usage propre. 

Le GCM n'appartient pas au Commandement des forces spéciales Terre (CSFT) et n'es. Il effectue des missions conventionnelles de type commando comme leurs homologues du groupement commando parachutiste de la 11e brigade parachutiste. En opération ils peuvent néanmoins prêter main-forte à leurs camarades du CFST lors de missions ponctuelles.

 

Les trois sections d'observateurs montagne

Trois sections d'hommes observateurs montagne sont partagées au sein des : 

  • 7e bataillon de chasseurs alpins (7e BCA), basé à Varces (Isère)
  • 13e bataillon de chasseurs alpins (13e BCA), basé à Chambéry (Savoie)
  • 27e bataillon de chasseurs alpins (27e BCA), basé à Annecy (Haute-Savoie)

 

Une section de groupes de reconnaissance et d'appui

Cette quatrième section est composée de groupes de reconnaissance et d'appui des : 

  • 93e régiment d'artillerie de montagne (93e RAM), basé à Varces. C'est une équipe d'observation dans la profondeur.
  • 27e compagnie de commandement et de transmission de montagne (27e CCTM), basée à Varces. C'est une équipe de transmission et de communication.
  • 4e régiment de chasseurs (4e RCh), basé au quartier général Guillaume à Gap (Hautes-Alpes).
  • 2e régiment étranger de génie (2e REG), basé au quartier Maréchal-Koenig, sur le plateau d'Albion, au nord de la commune de Saint-Christol (Vaucluse). Le 2e REG est composé d'un groupe de montagne d'appui à la mobilité et d'un groupe de plongeurs de combat du génie spécialistes de la plongée offensive en lac d'altitude.

 

La section de renseignement et d’intervention offensive (SRIO) du 2e REG

Depuis 2006, les plongeurs de combat de génie (PCG) et les commandos montagnes (GCM) du 2e REG se sont retrouvés au sein de la même entité : la section de renseignement et d’intervention offensive (SRIO). 

Les PCG sont formés pour la reconnaissance de points de franchissement, le déminage et les interventions offensives en lac, rivière ou zone souterraine. 

Les sapeurs de la SRIO, doublement qualifié PCG et équipier GCM, sont donc très entraînés et qualifiés et sont capables de réaliser des missions dans ces deux milieux hostiles.

Retrouvez l'article sur la SRIO du 2e REG dans le premier numéro du magazine

 

 

Missions et particularités du GCM

Les missions des commandos du GCM sont multiples et héritées de celles des Sections de renseignement de l'URH 27 avec l’ajout des missions à caractère offensif. 

 

Les différentes missions

  • action commando
  • recherche de renseignements
  • appui à l'engagement débarqué
  • assistance opérationnelle

  

Les capacités opérationnelles des commandos du GCM 

  • Renseigner au contact et dans la profondeur, derrière les lignes ennemies, de jour comme de nuit, sur axe, zone ou carrefour. Les commandos sont camouflés en surface ou sous terre. Dans ce contexte, les techniques et moyens utilisés sont proches de ceux des équipes de renseignement du 13e régiment de dragons parachutistes. 
  • Faciliter la mobilité d'autres unités. Pour cela, les commandos fournissent une aide au franchissement vertical en configuration de combat (équipement de parois et crêtes) et de tracer les axes d’approches notamment en ski de randonnée.
  • Opérer des actions offensives limitées. Les commandos peuvent par exemple être appelés à aider à l'extraction d'otages ou de cibles de haute valeur, à arrêter, en collaboration des forces de sécurité ou militaires des personnes recherchées sur les théâtres d’opérations
  • Aider à l'exfiltration de personnels civils par tout moyen. 
  • Guider des frappes aériennes et des tirs d'artillerie dans la profondeur et en observer les résultats.

La liste de ces capacités opérationnelles n'est pas exhaustive. Les commandos peuvent être chargés d'autres objectifs. (Voir partie "Le groupement commando montagne en OPEX".)

 

Le vol opérationnel en parapente, une spécificité du GCM

Le GCM est l'unique unité de l'armée de Terre à être formée pour le vol opérationnel en parapente. Un type de vol formellement interdit dans le domaine civil. 

Cette spécificité est héritée des tests menés au sein des SR dans les années 1990. Elle s'illustre dans des missions d'infiltration tactique de zones ennemies la nuit et permet aux commandos de descendre très rapidement des points hauts en montagne.  

Dans ses missions d'exfiltration de personnels civils, le GCM peut recourir aux vols tactiques crépusculaires en parapente biplace. Ces vols sont effectués avant ou après le coucher du soleil grâce à des appareils de vol type GPS et d'appareils à vision nocturne à intensificateur de lumière high-tech.

 

Expédition annuelle au Groenland

Chaque année, pendant 20 jours, un petit groupe de commandos participe, aux côtés du groupe militaire de haute montagne (GMHM), à une expédition polaire de 200 km au Groenland en autonomie. 

  

Depuis sa traversée de la cordillère de Darwin en 2011, le GMHM, aguerris à la haute altitude et au milieu polaire, transmet aux commandos du GCM ses connaissances "grand froid" acquises depuis 40 ans. 

Cela permet à une dizaine de commandos de vivre une expérience grand froid, d'améliorer leurs capacités d'autonomie, de travail en groupe, de prise de décision et de tester de nouveaux matériels potentiellement utilisables par le GCM. 

 

 

Sélection et formation des futurs commandos de montagne

Les commandos du GCM font partie des meilleurs soldats de la 27e brigade d’infanterie de montagne. Pour faire partie du GCM, il faut obligatoirement faire partie d'une unité de la 27e BIM. 

Il est aussi indispensable de posséder certaines qualités : rusticité, adaptabilité, résilience, maîtrise de soi, grande faculté d'adaptation, sens du groupe. Il faut aussi faire preuve de force physique, mentale, et intellectuelle. 

  

Les soldats doivent d'abord passer des tests de sélection au sein des unités, appelés "tests seuils". S'ils valident ces tests, ils peuvent alors commencer leur formation. Chaque année, quelques dizaines de militaires tentent de passer les épreuves de sélection. 

 

Une semaine de "tests seuils"

La semaine de "tests seuils" est éprouvante et peu de soldats la valident, car ils doivent réussir tous les exercices sous peine d'être éliminés et renvoyés dans leur garnison au premier échec. Ces tests permettent de mesurer l'autonomie, le sang-froid et la capacité des futurs commandos à se gérer sur la durée et à commander. 

Les soldats avancent en binôme ou en trinôme et doivent enchaîner différentes épreuves pratiquement sans dormir : marche nocturne de 12 kilomètres en autonomie sous la neige avec 20kg sur le dos, parcours d'obstacles, missions de type collecte de renseignement, tests de combativité, tir, descente en rappel, tests cognitifs, montée en ski de randonnée avec 20kg sur le dos... À la fin de la semaine, les soldats passent devant un jury afin de vérifier qu'ils comprennent bien ce que faire partie du GCM implique. 

 

En 2016, France 3 Auvergne-Rhône-Alpes a suivi des soldats pendant cette semaine de "tests seuils". À l'issue, seulement deux des neuf stagiaires ont été jugés aptes à suivre la formation initiale GCM.  

 

La formation des futurs commandos GCM

Les soldats qui valident la semaine de "tests seuils" suivent la formation initiale technique et tactique GCM. La phase de formation initiale dure sept semaines. 

La formation se compose d'une formation commune et de différents modules et stages comme le tir, les transmissions, le renseignement en milieu ouvert ou fermé et des qualifications aéromobiles (descente en rappel et corde lisse et extraction par grappe) et de l'initiation au vol en parapente.

 

 

Le groupement commando montagne en OPEX

Les commandos du GCM ont un taux de projection particulièrement élevé. Après de nombreuses années dans le Balkans et en Afghanistan, ils opèrent aujourd’hui principalement dans la bande sahélo-saharienne. 

Le sous-groupement commando montagne (SGCM), appelé aussi Spartan et prochainement Falco, est une unité spécialisée dans les opérations aéromobiles. En tout, 40 GCM sont intégrés au sein du Groupement Tactique Désert Aérocombat (GTD-A) de l'opération Barkhane au Mali. Depuis Barkhane, le GCM fournit un détachement tous les quatre mois. Groupe action, tireur d’élite, guidage aérien et démineurs… chaque spécialité est représentée. 

 

 

Depuis le lancement de la mission, les légionnaires de la SRIO (seule composante génie des GCM) sont en autorelève. Avec six personnes intégrées à chaque mandat, les légionnaires prennent l’avion pour le Mali en moyenne une à deux fois par an. Les plongeurs du 2e REG ont aussi été déployés en Guyane en 2015. 

En Afghanistan, des soldats du GCM ont été engagés en tant qu'Operational Mentoring Liaison Teams (OMLT). Ils étaient chargés de former et de conseiller les militaires de l'armée nationale afghane (ANA).

Des commandos engagés sur la bande sahélo-saharienne et en Afghanistan ont aussi eu l'occasion de mener des opérations de renseignement auprès des populations ou encore des actions tactiques en milieux désertiques ou montagneux.  

 

 

Morts en opération

Le 21 septembre 2007 lorsque l'adjudant Laurent Pican, qui appartenait au GCM, est tué par l’explosion d’un véhicule suicide lors d'une mission en Afghanistan.

Le 29 décembre 2011, sur le même théâtre, deux sous-officiers membres du GCM du 2e régiment étranger de génie déployés au sein du Battle Groupe TIGER Task Force La Fayette (TFLF), meurent lors de l'opération "Hunting Spear 2" en vallée de Tagab. Ils sont les deux premières victimes françaises d'un "green on blue" c'est-à-dire d'une attaque par des soldats afghans qui se retournent contre des forces occidentales alliées.

Le 25 novembre 2019, lors d'une opération antiterroriste nocturne au Mali, 13 militaires français de l'opération Barkhane sont morts dans la collision entre deux hélicoptères. Parmi eux, six commandos du GCM appartenant au 4e régiment de chasseurs de Gap, au 93e régiment d'artillerie de montagne de Varces et au 2e régiment étranger de génie de Saint-Christol.

 

 

Actualités du GCM

Lors de ses prochains déploiements opérationnels, le GCM sera doté d'un nouveau logiciel de messagerie de terrain : le logiciel TEMEV2. 

Ce logiciel est considéré comme une messagerie de terrain et permet d'automatiser les procédures pour faciliter l'envoi de messages grâce à l'identification automatique des médias de communication. Le soldat pourra rédiger un message dans l'action, sous pression et ce, même dans des conditions climatiques extrêmes, comme c'est le cas pour les commandos du GCM. 

Ce logiciel, développé au sein de l'armée de Terre, a été testé en décembre 2020 par les futurs chefs de cellule radio du GCM. L'armée de Terre a décidé de faire participer les soldats en formation GCM « opérateur transmissions » au processus d'élaboration de ce nouvel équipement afin de l'adapter aux besoins réels des commandos. 

 

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