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Brèves DZ #26 : Nouveau satellite, frégate rénovée, blindé gendarmerie, Barkhane, drone ukrainien

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[Espace]

Dimanche 24 octobre, le programme Syracuse IV a déployé son premier satellite de télécommunications militaires depuis le Centre spatial guyanais de Kourou. Ce programme lancé en 1980 permet aux forces armées de communiquer de façon autonome, sécurisée et fiables, même à très longue distance. Les premières générations de satellites ont été envoyées en orbite entre 1984 et 2015. Ce nouveau modèle Syracuse 4A est doté d’une connectivité améliorée, d’un débit trois fois plus rapide que le modèle III, et d’une capacité de charge utile plus élevée grâce à sa propulsion électrique. Il dispose également de systèmes de défense contre des attaques de différentes natures (brouillage, accrochage, interception, attaque cyber…) De nombreuses entités travaillent sur ce projet, à la fois institutionnelles (Direction générale de l’armement, Commandement de l’espace, Etat-major des Armées, Centre national d’études spatiales) et privées (Arianespace, airbus Defence and Space, Thales Alenia Space, Thales SIX) Deux autres satellites rejoindront l’espace, dont Syracuse 4B dès 2022, afin de parfaire la maîtrise du domaine spatial.



[Marine Nationale]

Il y a quelques mois, nous vous parlions du sous-marin La Perle, en réparation après l’incendie de juin 2020 qui a fortement dégradé la partie avant de l’appareil. Pour rappel, la spectaculaire opération a permis, pour la première fois dans le monde, de souder une partie d’un deuxième sous-marin à celui endommagé. Dix mois après le début des travaux, La Perle a été embarquée à bord d’un cargo semi-submersible pour rejoindre le port de Toulon qu’elle devrait atteindre dans deux semaines. Si le sous-marin est plus long de 1,5 mètre, le ministère des Armées assure qu’il a retrouvé son état d’avant l’incendie, évoquant même une « renaissance ». Les manœuvres de maintenance pourront ainsi reprendre, et La Perle devrait retourner au service actif en 2023. Le ministère précise également que le coût des travaux de réparation, 110 millions d’euros dont 50 millions subventionnés par Naval Group, est presque dix fois inférieur au prix d’achat d’un sous-marin neuf.

 

 

[Marine Nationale]

L’annonce date de quelques jours, mais la livraison de la première frégate légère furtive (FLF) rénovée est effective depuis fin septembre. Au total, trois des cinq FLF de la Marine nationale passeront entre les mains des ouvriers de naval Group avec une fin de programme prévue en 2023 pour un coût avoisinant les 400 millions d’euros. 

Malgré une prise de poids de 80 tonnes, dues à l’arrivée de nouveaux sonars de détection sous-marine, le navire, d’après les ingénieurs, reste toujours aussi maniable et garde les mêmes performances de vitesse et de navigation. Le bâtiment se voit aussi équipé d’un système de combat modernisé et de deux systèmes de défense anti-aériens Sardal dotés de missiles Mistral M3 en remplacement des Crotale CN2.

La flotte de FLF rénovée va permettre, tout en gardant des capacités de combat modernisées, d’attendre la prochaine génération de frégates de défense et d’intervention (FDI).



[Gendarmerie]

Les unités de gendarmerie l’attendent depuis de nombreuses années : le remplaçant du VBRG, entrée en service en 1974, est désormais connu avant une arrivée dans les forces dès l’année prochaine selon une explication du directeur de la Gendarmerie devant les députés et après ouvertures des propositions suite à l’appel d’offres lancé en décembre 2020. Si deux poids lourds semblaient tenir la corde pour le choix final (Arqus avec le Sherpa et Nexter avec le VBMR), c’est finalement Sofram (une filiale de Lhor) qui a coiffé ses concurrents sur la ligne d’arrivée. 

En effet, la société alsacienne vient de confirmer la commande de 90 véhicules 4×4 MPGV (Multi Purpose Gendarmerie Vehicle). L’engin de 13 tonnes est capable d’embarquer jusqu’à 10 personnes à bord tout en offrant une protection balistique de niveau 2. Le nouvel engin blindé sera potentiellement déclinable en plusieurs versions en fonction des missions qui lui seront demandées. 



[International]

Ce n’est un secret pour personne, les accords de Minsk entre le gouvernement ukrainien et les séparatistes pros russes du Donbass sont régulièrement violés. Le déploiement récent de lance-roquette multiple BM 21et d’obusier 122 D30 chez les séparatistes a manifestement poussé l’armée ukrainienne à utiliser pour la première fois ses drones tactiques Bayraktar TB 2. Ces engins de fabrications turques, capables de voler pendant 24 heures et équipés de deux missiles antichars, avaient déjà fait parler d’eux pendant la guerre en Libye entre les forces du gouvernement d’union nationale (soutenues par Ankara) et l’armée nationale libyenne. 

Déjà équipée de 12 drones TB 2 depuis 2019, l’armée ukrainienne vient d’annoncer une prochaine commande de 48 unités supplémentaires. 



[Armées]

Volfa, Cormoran 21, Baccarat 2021… Les exercices de haute intensité s'enchaînent, en accord avec la vision stratégique du Chef d'état-major des Armées. Royal Black Hawk vient s'ajouter à la liste. Cet exercice annuel s'est déroulé dans la région de Belfort et a mobilisé 550 militaires venant de tous horizons. L'armée de Terre a participé avec le 35e régiment d'infanterie, les 2e et 3e régiments de hussards, le 132e régiment d'infanterie cynotechnique, le 13e régiment du génie, les 54e et 61e régiment d'artillerie et le 68e régiment d'artillerie d'Afrique. L'armée de l'Air et de l'Espace est quant à elle intervenue avec des avions de chasse Mirage 2000D et Rafale. Exceptionnellement, un avion de patrouille maritime Atlantique 2 a représenté la Marine lors de cet entraînement. Enfin, les États-Unis ont engagé des hélicoptères Chinook, Apache et Black Hawk. Pendant dix jours, des scénarios de combat rapproché, d'assaut aérien, de manœuvres en sous-groupement tactique interarmes (SGTIA) ou encore d'évacuations médicales ont permis de tester la coordination des différentes composantes armées et d'expérimenter de nouvelles procédures OTAN.



[Technologie]

Les combats en zone urbaine étant appelés à se multiplier, la Direction Générale de l'Armement a lancé en 2017 le challenge "MALIN", pour Maîtrise de la Localisation Indoor. Comme son nom l'indique, ce programme vise à rechercher des moyens technologiques pour géolocaliser les soldats, mais sans utiliser les liaisons satellites qui peuvent être soit brouillées par l'ennemi soit stoppés par un souterrain par exemple. La prise en compte de cette troisième dimension (immeuble, tunnel, égouts…) et de la spécificité des espaces clos est essentielle. Récemment, l'Office national d'études et de recherches aérospatiales (ONERA) s'est associé à la société TRAKK afin d'évaluer différentes technologies et échanger avec des contributeurs européens dans le domaine. Les résultats très prometteurs permettent un "excellent niveau de précision en 3D, l'adaptabilité à tout environnement ainsi que la rapidité de mise en place", assure Thomas Duroyon, dirigeant de TRAKK.


[OPEX]

À la suite des déclarations du gouvernement français sur la réorganisation de l’opération Barkhane, le redéploiement des militaires a débuté mardi avec le transfert de la base de Kidal, dans le nord du Mali, à la force des Nations unies (MINUSMA) et de l’armée malienne. « Le dernier convoi logistique est parti pour Gao ce matin à 5 h. Un détachement de Barkhane restera sur place pour les dernières formalités administratives et logistiques », a indiqué l’État-Major français.

Paris a entrepris début juin de réorganiser son dispositif militaire au Sahel, en quittant notamment les bases les plus au nord du Mali soit celles de Kidal, Tombouctou et Tessalit. Ces fermetures sont les premières étapes avant une réduction drastique des effectifs dans la région d’ici à 2023 avec une facture qui devrait se situer entre 2500 et 3000 hommes, contre plus de 5000 aujourd’hui. Dans le nord, « le transfert vers la MINUSMA et les forces armées maliennes sera définitif d’ici une dizaine de jours », a ajouté le porte-parole de l’état-major français en insistant sur « l’étroite collaboration avec les autorités et l’armée du Mali ».

 

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