Montagne

Le secours en montagne (Part 2)

Le secours en montagne (Part 2) defense-zone.com

Après une première partie consacrée à la formation et l'entraînement des services de secours en montagne. Cette deuxième partie revient sur les missions et les acteurs qui œuvrent quotidiennement sur les différents massifs français.  


LES TROIS ACTEURS DU SECOURS EN MONTAGNE

En France, trois acteurs se répartissent les missions du secours en montagne : les gendarmes, les policiers et les sapeurs-pompiers.

La gendarmerie couvre l’ensemble des massifs français territoriaux grâce aux pelotons de gendarmerie de montagne (PGM) et aux pelotons de gendarmerie de haute montagne (PGHM). Ces 280 militaires spécialisés sont dispersés parmi 16 PGHM situés dans les Pyrénées, les Alpes, la Corse, la Réunion et dans les cinq PGM en charge du Jura, des Vosges et du Massif central.

Les compagnies républicaines de sécurité montagne représentent un peu plus de 200 policiers répartis en deux compagnies. La CRS Alpes et la CRS Pyrénées.

Les sapeurs-pompiers comptabilisent environ 300 spécialistes du secours en montagne, dont seulement une cinquantaine est affectée à un groupe montagne (GMSP). Lorsqu’un département ne possède pas de GMSP, le groupe de reconnaissance et d’intervention en milieu périlleux (GRIMP) prend en charge l’intervention.

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LA RÉPARTITION DES MISSIONS

Les gendarmes, policiers et pompiers spécialisés dans le secours en montagne sont présents dans tous les massifs français afin d’assurer un maillage efficace du territoire. Dans certains cas, un seul acteur est présent sur une zone et intervient donc seul sur le secours (ex : le GMSP dans la Drôme). Lorsque deux acteurs couvrent une même zone, ils interviennent soit en alternance (exemple : le PGHM et les CRS montagne sont de permanence une semaine sur deux en Isère) soit en mixité (exemple : en Haute-Savoie, une équipe est constituée d’un gendarme et d’un pompier). Lorsque les trois acteurs sont présents sur un même territoire, les procédures sont variables d’un département à l’autre et la répartition s’opère selon des zones délimitées et la saison. 

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LES AUTRES MISSIONS DES SECOURISTES MONTAGNE

Les secouristes des PGM, PGHM ou des CRS montagne sont avant tout gendarmes ou policiers. Outre leur mission de secours en montagne, ils interviennent aussi dans un cadre préventif de sensibilisation du public. Ils peuvent également être déployés pour sécuriser des événements sportifs, ou renforcer des effectifs sur tout autre évènement. Une part de leur activité reste dédiée aux missions de police administrative et judiciaire comme l'inspection des domaines skiables, le contrôle des guides de montagne et moniteurs de ski; mais aussi de mener des enquêtes, constater des accidents ou des décès et de faire appliquer les responsabilités civiles ou pénales. Le mental est parfois mis à rude épreuve car ils sont parfois confrontés aux deux aspects d’un même accident : le secours avec potentiellement un ou plusieurs décès et la confrontation avec la famille à qui ils doivent annoncer la mort d’un proche. Comme le rappelait le commandant du CNISAG dans notre podcast, c’est alors la cohésion qui fait la différence et permet de surmonter ce type d’épreuves.

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CRS montagne ou PGHM : quelle différence ?

Les deux unités exercent le même métier de secouriste, mais n’appartiennent pas à la même institution. Les gendarmes des PGHM et des PGM sont des militaires, formés au Centre national d’instruction de ski et d’alpinisme de la gendarmerie (CNISAG), à Chamonix. Les CRS montagne sont des policiers, formés au Centre national d’entraînement à l’alpinisme et au ski (CNEAS), lui aussi à Chamonix. Autre différence, soulignée par le commandant du CNISAG : la police travaille surtout en ville, alors que les gendarmes départementaux et mobiles sont eux-mêmes amenés à intervenir en zone de montagne.

Les passerelles sont pourtant nombreuses. Les deux institutions échangent sur certains diplômes, et les premiers secours en montagne enseignés aux gendarmes ont été développés avec les CRS. Les parcours se croisent aussi : l’alpiniste et guide de haute montagne Marion Poitevin est passée par le Groupe militaire de haute montagne avant de rejoindre les CRS, comme le raconte notre portrait de Marion Poitevin. Pour savoir comment intégrer ces unités, lisez la première partie de ce dossier et notre article sur le Peloton de gendarmerie de haute montagne.

Comment se déclenche un secours ?

Bien souvent, les personnes en difficulté composent le numéro unique 112. L’alerte est alors traitée en conférence avec le centre de traitement de l’alerte des pompiers (CTA-CODIS). L’hélicoptère est l’outil central : au PGHM de Haute-Savoie, les opérations terrestres ne représentent que 6 % des interventions. Les gendarmes disposent de leurs propres EC-145, à bord desquels embarquent systématiquement un médecin et deux secouristes formés à l’aide à la médicalisation. Depuis 1958, le PGHM de Haute-Savoie a secouru plus de 50 000 personnes au cours de 40 000 interventions, et certains pelotons, comme Chamonix, dépassent les 1 000 secours par an. Le pilote Philippe Sebah raconte ce métier dans un entretien avec Défense Zone.

Avalanche : qui intervient ?

Le partage des rôles dépend du lieu. Sur un domaine skiable, le secours relève du maire, qui le délègue au directeur du service des pistes ; la station emploie alors ses propres maîtres-chiens d’avalanche, des civils. Ailleurs en montagne, la responsabilité revient à l’État : le préfet met en œuvre le plan départemental de secours en montagne et fait intervenir les unités spécialisées, les gendarmes étant chargés des opérations lorsque aucune infrastructure n’est touchée. Les sapeurs-pompiers interviennent quand l’avalanche touche une zone urbanisée, une route ou un bâtiment. Près de 150 binômes cynotechniques, gendarmes, pompiers ou civils, sont spécialisés dans cette discipline. Découvrez leur formation dans notre article sur les chiens d’avalanche.

Aux origines du secours en montagne

L’organisation actuelle est née d’un drame. En décembre 1956, les alpinistes Jean Vincendon et François Henry sont pris dans une tempête sur le Mont-Blanc, à 4 000 mètres d’altitude, et les secours peinent à se coordonner. La circulaire du 21 août 1958 impose alors aux préfets d’organiser les secours en montagne et en charge la gendarmerie et les CRS. Le premier groupe spécialisé de haute montagne, créé à Chamonix, devient le PGHM en 1971. L’emploi systématique de l’hélicoptère dès 1962, puis la médicalisation dans les années 1970, ont transformé le métier.

Vous pouvez lire la suite dans le numéro 5 de Défense Zone en suivant ce lien 

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