Régiments de la Légion étrangère : guide complet pour comprendre l’organisation

Régiments de la Légion étrangère : guide complet pour comprendre l’organisation defense-zone.com

La Légion étrangère s’organise autour de onze formations. Certaines sont des unités de combat intégrées aux brigades interarmes des forces opérationnelles terrestres. D’autres sont implantées hors métropole et relèvent des forces armées en zone interarmées. Enfin, un socle d’unités à vocation spécifique assure le commandement, le recrutement, la sélection, la formation et l’administration. L’ensemble est coordonné depuis Aubagne et réparti entre la France métropolitaine, la Corse et l’outre-mer, ce qui explique la diversité des terrains, des rythmes et des cultures régimentaires.

Pour replacer cette cartographie dans une vision globale de l’institution, vous pouvez consulter cet article très complet pour tout savoir sur la Légion étrangère.

Commandement de la Légion étrangère (COMLE)

Créé en 1984, le Commandement de la Légion étrangère constitue l’organe de pilotage de l’institution. Il s’appuie sur un état-major resserré d’environ quatre-vingts officiers et sous-officiers, chargé de coordonner une force d’environ 9 000 légionnaires issus d’un très grand nombre de nationalités. Le COMLE s’inscrit dans une logique de centralisation ancienne : dès les premières années, un dispositif administratif permettait de suivre les recrutements, les finances et l’organisation des unités, pour transformer des flux d’hommes venus d’horizons très divers en un système militaire cohérent.

Dans sa forme contemporaine, le COMLE supervise notamment la division des ressources humaines, qui suit les carrières, et la division histoire et patrimoine, qui conserve archives et registres, dont ceux liés aux traditions fondatrices. Il organise enfin des temps forts annuels, au premier rang desquels la cérémonie du 30 avril.

 

Groupement du recrutement de la Légion étrangère (GRLE)

Créé en 2007, le GRLE est l’unité de l’armée de Terre chargée du recrutement des volontaires souhaitant intégrer la Légion étrangère. Basé au fort de Nogent, en région parisienne, il dépend directement du COMLE. Sa mission première est de promouvoir le service volontaire auprès d’un public international, d’informer les candidats et d’assurer une première mise en mouvement du parcours de sélection.

Sur le plan opérationnel, le GRLE s’appuie sur un réseau de postes d’information de la Légion étrangère (PILE), ouverts en continu, implantés dans plusieurs villes françaises. Le dispositif est conçu pour absorber un flux important de candidats, les orienter vers une présélection, puis les diriger vers des structures de présélection Nord et Sud. Les candidats retenus poursuivent ensuite le processus au Centre de sélection et d’incorporation (CSI) à Aubagne, où se déroulent les évaluations approfondies avant la signature du contrat d’engagement.

Pour en savoir plus lisez notre article sur comment rejoindre la Légion étrangère.

Poster Photo - Légion étrangère - Aubagne Camerone defense-zone.com

1er régiment étranger (1er RE), la maison mère à Aubagne

Fondé en 1841, le 1er régiment étranger est le plus ancien régiment de la Légion. Stationné depuis 1962 au quartier Viénot à Aubagne, après son transfert depuis Sidi Bel Abbès, il incarne la “maison mère” : un régiment au rôle moins connu du grand public, mais absolument central dans le fonctionnement quotidien de l’institution.

Le 1er RE assure des missions administratives et de cohérence d’ensemble, en pilotant des fonctions indispensables aux autres régiments. Il est directement impliqué dans le recrutement et la sélection via les structures d’Aubagne, où les postulants sont soumis aux évaluations. Il fournit également un appui logistique aux autres unités, contribuant au bon déroulement des activités, des mouvements et des missions.

Son organisation interne reflète cette vocation : la compagnie de commandement et des services régimentaires regroupe les fonctions essentielles de soutien ; la compagnie administrative du personnel prend en charge les recrues arrivant à Aubagne et les légionnaires en transit, en gérant les aspects administratifs de carrière ; la compagnie des services de la Légion administre plusieurs institutions clés, notamment la Musique, le Musée et le magazine interne “Képi blanc”. Le 1er RE est aussi dépositaire des traditions et abrite le Musée de la Légion, outil de conservation et de transmission.

 

4e régiment étranger (4e RE), l’instruction à Castelnaudary

Le 4e RE est le cœur de la formation initiale. Formé en 1920, dissous puis recréé, il s’installe à Castelnaudary en 1976 au quartier Danjou. Avec environ 600 légionnaires dont une forte proportion d’instructeurs, il forme chaque année un volume important de recrues, sur un cycle d’environ quatre mois. Cette formation combine instruction militaire, apprentissage accéléré du français et transmission des traditions.

Le 4e RE se distingue notamment par l’usage de fermes d’instruction en milieu rural. Ce choix d’environnement répond à une logique simple : isoler, structurer, répéter, accélérer l’intégration. Loin d’être un folklore, cette méthode vise à créer rapidement du collectif, à imposer des routines, et à ancrer les fondamentaux du métier de soldat.

Le régiment est structuré autour d’unités spécialisées : une compagnie de commandement et des services, des compagnies d’engagés volontaires qui portent l’instruction des recrues, une compagnie d’instruction des cadres et une compagnie d’instruction des spécialistes, ce qui permet de former à la fois les jeunes engagés et des profils destinés à des besoins techniques.

 

2e régiment étranger d’infanterie (2e REI), l’infanterie de combat à Nîmes

Créé en 1841 et stationné à Nîmes depuis 1983, le 2e REI figure parmi les régiments historiques de la Légion. Son identité contemporaine est celle d’un régiment d’infanterie capable de tenir un spectre large de missions, de la protection sur le territoire national à l’engagement en opérations extérieures, y compris dans des cadres de haute intensité. Il est également inséré dans une dynamique de modernisation, notamment à travers le programme SCORPION et l’arrivée de matériels récents.

Sa structure interne reflète l’organisation d’un régiment moderne. La compagnie de commandement et de logistique regroupe les fonctions indispensables au commandement et au soutien en opérations, des transmissions au transport, en passant par la maintenance et le soutien santé. Le 2e REI comprend plusieurs compagnies de combat, et une compagnie d’appui qui concentre des capacités spécifiques : une section d’aide à l’engagement débarqué, une section d’appui direct équipée de capacités antichars et d’armes collectives, ainsi qu’une section de tireurs d’élite. Cette architecture illustre une logique centrale : l’infanterie tient le terrain, mais elle s’appuie sur des briques d’appui précises pour durer et manœuvrer.

Le régiment entretient aussi une tradition visible, notamment à travers sa mascotte, un mulet, qui rappelle l’héritage des compagnies montées et l’histoire longue de l’unité.

 

3e régiment étranger d’infanterie (3e REI), la Guyane, la forêt équatoriale et la souveraineté

Créé en 1920, héritier d’un passé particulièrement riche et d’unités de marche, le 3e REI est stationné à Kourou, en Guyane, et se spécialise dans le combat en forêt équatoriale. Le régiment s’inscrit dans une réalité singulière : la Guyane n’est pas seulement un territoire d’outre-mer, c’est un espace stratégique où se mêlent souveraineté, frontières, enjeux de sécurité et protection d’installations majeures.

Le 3e REI assure plusieurs missions essentielles. Il participe à la protection externe du Centre spatial guyanais lors des lancements, dans le cadre d’une mission dédiée. Il contribue à la surveillance des frontières et mène des actions dans des zones difficiles d’accès. Il prend part à la lutte contre l’immigration illégale et contre l’orpaillage clandestin, notamment via la mission Harpie. Il peut aussi être mobilisé dans des opérations d’assistance et de soutien en cas de crise dans la zone régionale.

Le régiment s’appuie enfin sur un outil de rayonnement et de formation majeur : le Centre d’entraînement en forêt équatoriale (CEFE), créé en 1987, qui forme des unités françaises en rotation, des promotions d’écoles militaires et des troupes étrangères aux techniques du combat en jungle. Ce centre est un marqueur fort : il place la Légion comme référence internationale sur un segment très spécifique, celui de l’aguerrissement en milieu équatorial.

Poster Photo - Légion étrangère - CEFE jungle defense-zone.com

 

13e demi-brigade de Légion étrangère (13e DBLE), l’héritage et la projection

Créée en 1940, la 13e DBLE est l’une des unités emblématiques de la Légion. Son histoire est jalonnée d’engagements majeurs, en Europe comme en Afrique et au Moyen-Orient, puis en Indochine et en Algérie. Après une longue implantation à Djibouti, puis un passage par les Émirats arabes unis, l’unité est installée depuis 2016 sur le plateau du Larzac.

Aujourd’hui, la 13e DBLE est intégrée à une brigade légère blindée, avec une organisation qui lui permet d’être projetée et employée sur des missions variées. Elle compte environ 1 300 légionnaires, structurés autour de compagnies de combat, d’une compagnie de commandement et logistique, et d’une compagnie d’appui. Sa devise et ses décorations rappellent une continuité : l’héritage est revendiqué, mais la finalité demeure opérationnelle.

 

2e régiment étranger de parachutistes (2e REP), la culture aéroportée en Corse

Créé à la fin des années 1940, le 2e REP est le seul régiment parachutiste de la Légion étrangère. Stationné au camp Raffalli près de Calvi, il s’est illustré dans des engagements difficiles depuis l’Indochine, et continue d’être associé aux capacités d’intervention rapide et de projection.

Sa structuration interne met en lumière un point essentiel pour comprendre l’unité : le régiment n’est pas monolithique, il est organisé en compagnies dont les spécialisations reflètent des milieux d’engagement distincts. L’une est orientée vers le combat en zone urbaine et le contrôle de foules ; une autre développe une expertise montagne, renforcée par un ancrage local et des infrastructures d’entraînement ; une autre est tournée vers le milieu nautique, avec des capacités amphibies ; une compagnie est orientée vers la forêt et les actions en profondeur ; une autre est dédiée aux terrains arides et désertiques. Une compagnie d’appui regroupe les appuis-feu et capacités de précision, tandis que les compagnies de commandement, logistique et maintenance structurent le soutien dans la durée. Cette diversité interne explique pourquoi le 2e REP est souvent perçu comme un concentré d’exigence : la polyvalence y est travaillée, mais elle repose sur des spécialités organisées.

Poster Photo - Brigade parachutiste - saut 2e REP defense-zone.com

 

5e régiment étranger (5e RE), Mayotte et l’océan Indien

Le 5e RE est stationné à Dzaoudzi, à Mayotte, et s’inscrit dans une logique de présence militaire française dans l’océan Indien. Longtemps structuré sous forme de détachement, il a été transformé en régiment à partir de 2024 dans le cadre d’une évolution de format visant à renforcer les capacités et la visibilité de la Légion dans cette zone stratégique.

Le régiment remplit des missions liées à la sécurité, à la protection et à la souveraineté, dans un environnement insulaire où la dimension maritime, l’amphibie et les contraintes tropicales comptent fortement. Il participe à des missions de contrôle, de protection des intérêts français et de coopération régionale. Il peut également armer des détachements pour assurer une présence permanente sur des îlots et archipels, dans une logique de souveraineté.

 

1er régiment étranger de cavalerie (1er REC), reconnaissance et blindés

Créé au début des années 1920, le 1er REC est le seul régiment de cavalerie de la Légion étrangère. Installé depuis 2014 au camp de Carpiagne, près de Marseille, il incarne la dimension “renseignement de contact” et “manœuvre blindée” au sein de l’institution.

Le régiment est structuré autour d’un escadron de commandement et logistique, de plusieurs escadrons blindés, et d’escadrons orientés vers la reconnaissance et l’intervention. Ses équipements traduisent la modernisation des capacités : la cavalerie de la Légion s’appuie sur des véhicules blindés à roues, avec une puissance de feu et une mobilité conçues pour éclairer, protéger, appuyer et frapper. L’ensemble s’inscrit dans une logique interarmes : la cavalerie ne “fait pas la guerre seule”, elle ouvre, renseigne, sécurise et appuie, au profit de l’infanterie et de la manœuvre globale.

1er régiment étranger de génie (1er REG), le génie de combat et les capacités spécialisées

Le 1er REG est une unité de génie de combat, créée dans les années 1980 et intégrée à une brigade légère blindée. Basé à Laudun-l’Ardoise, il remplit des missions structurantes dans les opérations terrestres : appui à la mobilité, contre-mobilité, aide au déploiement, et participation possible au combat de contact. Le génie est un multiplicateur d’efficacité : il conditionne le franchissement, l’ouverture d’itinéraires, l’organisation du terrain, la protection et la sécurisation.

Le régiment comprend plusieurs compagnies de génie combat, structurées de manière à fournir des sections aptes à être engagées au plus près des unités de combat. Il dispose aussi d’une compagnie d’appui regroupant des savoir-faire spécialisés : neutralisation d’explosifs, fouille opérationnelle, moyens de franchissement, plongeurs du génie, organisation du terrain, obstacles. Cette densité de compétences techniques explique le rôle particulier du 1er REG : il ne s’agit pas seulement d’un “appui”, mais d’une capacité qui conditionne la manœuvre et la sécurité.

2e régiment étranger de génie (2e REG), montagne, grand froid et génie d’assaut

Créé en 1999 et basé à Saint-Christol d’Albion, le 2e REG est spécialisé dans le génie d’assaut en milieu montagneux et dans des conditions climatiques rigoureuses. Intégré à la brigade de montagne, il développe des compétences qui dépassent la technique pure : il s’agit de construire de la mobilité et de la protection dans des terrains où l’environnement devient lui-même une contrainte opérationnelle.

Composé d’environ 925 personnels et structuré en plusieurs compagnies, le régiment se distingue aussi par la présence de groupes de pionniers, porteurs d’une tradition spécifique du génie au sein de la Légion. Son histoire est également marquée par l’héritage de formations du génie légion engagées dans des conflits passés, ce qui nourrit une identité propre. Ses engagements, notamment en opérations extérieures, ont conduit à des citations et à des décorations qui traduisent l’intensité de certaines missions et la place du génie dans les engagements contemporains.

Pour en savoir encore plus sur chacune des composants de la Légion étrangère, nous vous conseillons cet ouvrage (également disponible en langue anglaise).

Aller plus loin avec Défense Zone : livres, magazine, posters

Pour une lecture plus dense, organisée et accessible, jetez un œil à notre collection de livres consacrés à la Légion étrangère qui regroupe des titres conçus pour comprendre l’institution, ses traditions et ses réalités contemporaines.

L'un d'entre eux, un beau livre photo intitulé “Légionnaires” s’adresse à ceux qui cherchent une immersion visuelle, du recrutement aux terrains d’opérations, avec une approche reportage.

Décorer, collectionner, offrir

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