Le char Leclerc : le fleuron de la cavalerie française.

Le char Leclerc : le fleuron de la cavalerie française.

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Entré en service en décembre 1993 le char Leclerc est le premier blindé de 3e génération en dotation dans l’armée française. Il se caractérise par une très grande mobilité associée à une capacité de tir en mouvement ce qui en fait un des blindés les plus performants du monde. Actuellement un peu plus de 240 chars équipent l’armée de Terre au sein de 4 régiments blindés.

 

Histoire du char Leclerc

 

La fin des années 70 et l’arrivée de nouveaux chars de combat au sein des grandes armées occidentales et du bloc soviétique poussent la France au renouvellement de l’AMX B2 vieillissant. Après l’abandon des projets d’achats de systèmes étrangers comme le M1 américain, le Merkava israélien et même un projet binational avec l’Allemagne, la France décide de développer intégralement un programme national : l’engin principal de combat (EPC).

En 1986 l’EPC prend définitivement le nom de char Leclerc en mémoire du maréchal de France, héros de la Seconde Guerre mondiale.

Contrairement à d’autres véhicules de la même époque, le char Leclerc est basé sur sa défense active plutôt que passive. Les ingénieurs vont travailler sur son canon et sa conduite de tir associés à une puissance accrue afin d’augmenter sa mobilité pour éviter les coups de l’ennemi. Grâce à ce concept, le blindé est un des plus léger et maniable de son époque et encore de nos jours. Les premiers exemplaires développés par Nexter (anciennement GIAT Industrie) sont livrés au 501e-503e régiment de chars de combat en 1993.

 

Combien coûte un char Leclerc

 

Au début des années 2000, l’Assemblée nationale estima le coût total du programme pour un montant de 5,7 milliards d’euros. Le coût moyen pour un char est d’environ 8 millions d’euros. La même année un rapport de la Cour des comptes évaluait le coût unitaire global d’un char, en tenant compte de sa conception, des pièces de rechange ou des munitions, mais aussi des matériels annexes et des locaux d’instruction, à près de 15,9 millions d’euros.

 

Principales caractéristiques techniques du char Leclerc

 

L’équipage du blindé

Le char Leclerc est servi par un équipage de 3 hommes : 

Le pilote. Placé à l’avant gauche de la caisse, il accède au poste de pilotage par une petite trappe. La conduite du char se fait, comme sur une voiture, grâce à un volant et une poignée de la boite automatique de vitesse. Il dispose dans son poste de tous les éléments de contrôle (vitesse, température moteur et de la position du canon). Un système d’intensification de lumière lui permet de piloter de nuit.

L’opérateur tourelle (tireur). Placé dans la tourelle à droite du canon. Son viseur, avec un report vidéo jour et une visée thermique, est assujetti au canon. La caméra thermique permet de détecter des cibles à 5 000 m et l’identifier à 2000m.

Le chef de char lui aussi dans la tourelle est positionné à gauche du canon. Son système d’observation est pratiquement identique à celui du tireur avec, depuis la génération SXXI une caméra thermique à la place de l’intensificateur de lumière. Grâce au système de ralliement automatique, il peut transmettre les coordonnées d’un point observé au tireur dont le canon s’alignera automatiquement sur l’objectif désigné. 

 

 Les dimensions du char Leclerc

Avec une longueur de 10,36 m, une largeur de 3,60 m et une hauteur de 3,08 m, le char Leclerc offre une silhouette très ramassée et facilement camouflable. Il est considéré comme un des chars les plus discrets actuellement en service et sa tourelle très plate offre peu d’angles d’attaque pour un tir de missile ou de roquette.

 

Sous le capot : le moteur du char 

Équipé d’un moteur diesel avec une turbine à gaz Turbomeca, il développe une puissance totale de 1500 ch soit plus de 26 ch/t sur sa dernière version. 

 

Poids et vitesse du char Leclerc

D’un poids de 54 t jusqu’à 57 t en ordre de combat il est capable de se déplacer jusque’à 50 km/h en tout terrain et 71 km/h sur route

 

L’autonomie 

Son réservoir de 900 litres lui assure une autonomie de 450 à 500 km suivant le type de terrain, jusque’à 650 km grâce à deux réservoirs additionnels de 200 litres largables. 

 

Les protections du char Leclerc 

Si la silhouette très ramassée du Leclerc est déjà une forme de protection contre les coups ennemis, le blindé est équipé des dernières innovations en matière de protection actives et passives face aux roquettes, missiles et mines conventionnelles ou artisanales.

 

Le blindage du Leclerc 

Composé sur la tourelle et le châssis de plaques mécanosoudées, des caissons en blindage composite ajoutés permettent de résister à de nombreuses roquettes comme les RPG7 utilisées sur de nombreux conflits. Sur les dernières versions du Leclerc (SXXI), le blindage additionnel passif est remplacé par des modules réactifs plus légers et performants face aux obus et roquettes de dernière génération. Pour garantir une protection optimum, une plaque de céramique a été ajoutée sur chacun d’eux. Signature thermique (H3)

Le moteur hyperbare du blindé ne développe pas de fumée et sa température n’excède jamais les 370°, cela permet au véhicule d’offrir une très faible empreinte infrarouge

 

Les contre-mesures passives 

Le char est équipé de 14 tubes lanceurs GALIX de 80 mm de différents types (leurre infrarouge, grenade à fragmentations ou pots fumigènes). 

 

L’armement du char Leclerc 

Le canon de 120mm constitue l’armement principal du Leclerc. D’une portée de 4 000 mètres, il tire différents types d’obus (flèche, charge creuse ou flèche pénétrateur à uranium appauvri). 

Depuis une dizaine d’années, de nouvelles munitions sont aussi utilisées, notamment un obus programmable capable, par le choix du tireur, d’exploser à l’impact, après pénétration ou aux abords de l’objectif. Nativement le char emporte 40 coups, dont 22 prêts à l’emploi. Sa cadence de tir est de 6 coups minute. Son système de tir et sa stabilisation réputés parmi les plus performants du monde permettent au char d’acquérir et de tirer sur une cible mobile tout en roulant, même en tout terrain.

En armement secondaire, le char Leclerc possède une mitrailleuse de 12,7mm en coaxial (intégrée dans la tourelle, ce qui permet de tirer avec une grande précision) et une mitrailleuse de 7,62mm en superstructure. 

 

Les différents modèles du Leclerc 

 

Les différents modèles du char Leclerc sont divisés en versions elles-mêmes réparties en tranches. Les deux dernières versions appartiennent à la troisième série (SXXI) et comprennent deux tranches, la 10 et 11. Outre un nouveau blindage et la caméra thermique pour le chef de char, la version 11 intègre aujourd’hui un nouveau système de gestion du champ de bataille appelé ICONE.

 

Le kit AZUR

Le développement AZUR pour Action en Zones Urbaines date de 2004. Il a pour but d’améliorer son utilisation lors de conflits en milieux urbains et d’optimiser son appui des forces à pied. Actuellement il est principalement utilisé dans la version tropicalisée du char Leclerc vendue aux Émirats arabes unis (EAU). 

Il comprend

  • Une mitrailleuse téléopérée de 7.62 mm
  • Un mât optronique d’observation panoramique pour les abords du char
  • Un train de roulement protégé par des blocs de blindages réactifs
  • Le moteur est protégé par des grilles anti-roquettes
  • Qu’âtres casiers largables en mesure d’emporter des jerricans, du rationnement de l’eau ou des civières. 
  • Une capacité de communication sans fil d’une portée de 200 m avec plusieurs fantassins au sol.

 

Le dépanneur du char Leclerc (DCL) 

Appelé aussi DNG (dépanneur nouvelle génération), le DCL est le système de dépannage développé spécifiquement pour le Leclerc. Bâti sur le châssis du char de combat, il est équipé d’un système de dépannage allemand Büffel. S’il est essentiellement prévu pour remorquer des engins de plus de 50 tonnes, sa grue peut être utilisée pour soulever et réparer la tourelle du Leclerc avec une capacité de levage de 35 tonnes. Grâce à sa lame avant de plus de 3 mètres de large il peut, éventuellement , être utilisé comme engin du génie.

D’une masse de combat de 56 tonnes, ses caractéristiques de motorisation sont identiques au char Leclerc. Sa vitesse sur route est de 65 km/h et son autonomie de 700 km.

Servit par un équipage de 3 hommes, il dispose pour sa protection d’une mitrailleuse de 12.7 mm en superstructure et de 20 lances pots fumigènes. 

20 DCL sont actuellement en service dans l’armée de Terre et 46 ont été achetés par les Émirats arabes unis.

 

La version EAU 

En 1993 les Émirats arabes unis ont passé un contrat avec Nexter pour l’achat de 388 chars de combat et 46 DCL. La version retenue est dite tropicalisée. Comparée à la version française on peut distinguer quelques différences importantes. 

Son moteur diesel d’une puissance identique (1 500 ch) est fabriqué par la société allemande MTU. 

Il possède une mitrailleuse MAG 58 de 7;62 mm en superstructure et téléopérés par le chef de char.

Le châssis est protégé nativement sur les deux tiers de sa longueur par 6 préblindages. En 2020 de nouveaux blindages réactifs viennent renforcer cette version notamment lors de son utilisation au Yémen.

Contrairement à la version française, le Leclerc tropicalisé ne dispose pas de capacité de franchissement de gué profond en submersion.

 

Le char Leclerc rénové 

Baptisé XLR la nouvelle version du char Leclerc à pour but d’adapter le blindé aux prochaines menaces et de l’intégrer dans le nouveau programme d’équipement de l’armée de Terre SCORPION. Outre l’arrivée de nouvelle munition, le char Leclerc est équipé

  • d’une nouvelle mitrailleuse de 7;62 mm pour le combat urbain
  • du nouveau système d’information du combat Scorpion (SICS)
  • de kits de protection ventrale anti-mine et latérale contre les roquettes
  • d’un système de brouillage anti-IED

Avec ses nouvelles évolutions, la masse du Leclerc passe dorénavant à 63 tonnes.

Cette évolution du blindé va permettre à la France de garder une capacité de combat en haute intensité optimum jusqu’à l’arrivée du futur char de combat franco-allemand : le MGCS

 

Le successeur du char Leclerc 

Lancé en 2012 le Main Ground Combat System (MGCS) ou système de combat terrestre principal, est un projet d’armement franco-allemand destiné à remplacer, à partir de 2035 les Leopard 2 et les Leclerc. Pour réduire les coûts de recherche et développement ainsi que de production, deux sociétés se sont associé le français Nexter et l’allemand Krauss-Maffai Wegmann pour former le groupe KNDS auquel c’est ajouté la société allemande Rheinmetall.

Les plus grosses études doivent débuter en 2025 avec la livraison d’un premier démonstrateur entre 2025 et 2030 et un char opérationnel en 2035.

Outre la France et l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et les Pays-Bas se sont dits intéressés par l’acquisition du MGCS.

 

Les régiments équipés de chars Leclerc 

Aujourd'hui 4 régiments sont équipés de blindés lourds :

Le 1er régiment de chasseurs (1er RCh) de Thierville-sur-Meuse

Le 5e régiment de dragons (5e RD) de Mailly-le-Camp

Le 12e régiment de cuirassier (12e RC) d’Olivet

Le 501e régiment de chars de combat (501e RCC) de Mourmelon

Ces régiments sont dotés chacun de 54 chars projetables en opération extérieurs. 

Un régiment d’entraînement : le 1er régiment de chasseurs d’Afrique (1er RCA) de Canjuers est chargé d’accueillir les unités pour des phases de manoeuvre et de tir. Les cadres sont quant à eux formés à l’école de la cavalerie de Saumur. 

Au total 241 chars Leclerc sont actuellement en service dans l’armée de Terre.

 

Les armées étrangères équipées de blindé Leclerc

Malgré les nombreuses tentatives de vente à l’étranger, seuls les Émirats arabes unis ont fait l’acquisition du char français. 

Mais en 2020 les EAU ont reconnu avoir cédé entre 70 et 80 chars à l’armée jordanienne. Celle-ci les a utilisés pour une première grande manoeuvre en octobre 2020.

 

Le char Leclerc en OPEX 

Apparu au lendemain de la guerre du Golfe, le char aura attendu près de 8 ans avant son premier déploiement opérationnel. C’est en 1999 à l’occasion du conflit au Kosovo que l’on voit apparaître les premiers blindés dans une opération majeure de l’armée française. Le 501-503 RCC sera le premier sur le théâtre relevé ensuite par les autres unités de cavalerie. Jusqu’en 2002 15 chars seront déployés et stationnés près de la ville de Mitrovica au nord du Kosovo. 

En 2006 la France sous mandat de l’ONU renforce son dispositif au Sud Liban. Outre des canons AUF1, 13 chars Leclerc et au DCN sont mis en place par le 6-12 RC. Le dispositif de blindés lourd sera retiré quatre ans plus tard en décembre 2010. 

La plus grosse expérience au combat du char Leclerc vient finalement des Émirats arabes unis lors de l’opération Restaurer l’espoir au Yémen. Dans ce petit pays du sud de la péninsule arabique, 70 chars (dont 15 équipés de kit AZUR) ont été déployés sur le terrain. Dans des conditions climatiques difficiles et sur des zones allant du désert jusqu’au combat urbain le char français semble avoir donné entière satisfaction. Trois blindés ont été touchés pendant les combats : 2 par IED avec le train de roulement détruit et un par roquette, arrêtée par les grilles  anti-RPG et un par missile ayant touché le volet pilote qui a tué celui-ci et blessé le chef de char. Lors de ce conflit, les chars ont tiré à plusieurs reprises, ce qui constitue leur baptême du feu en situation de combat. 

 

Les concurrents du char français 

On peut définir environ une quinzaine de chars ayant un rôle et des caractéristiques s’approchant du char Leclerc. Aujourd’hui ses principaux concurrents sont : 

  • Le M1 Abrams américain
  • Le T 90 russe
  • Le Léopard 2 allemand
  • Le challenger britannique
  • Le Merkava israélien
  • Le T 99 chinois

 

En 2019 sur le camp d’Adazi en Lettonie, les équipages français ont participé à l’exercice Iron Spaer dans le cadre de la mission de l’OTAN Lynx. Sur 44 équipages de 8 nationalités différentes le blindés français s’est placé sur la première marche du podium devant un blindé norvégien et un américain.

Pour en savoir encore plus

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