Aujourd'hui, 23 pays et États-nations dans le monde ne disposent pas — ou plus — d'armée. De choix ou de force, leurs dirigeants ont adapté leur dissuasion et leur stratégie diplomatique afin d'assurer leur sécurité malgré tout. Des situations variées, mais qui ont un point commun : ces pays sont en paix. À l'heure où une grande partie du globe se remilitarise et où les alliances sont remises en question, cette stratégie peut-elle tenir ?
Du choix du Costa Rica à la contrainte du Panama
De l'île confetti jusqu'au pays de 5 millions d'habitants, tous ont compris que leur survie dépendait moins du service militaire que d'accords bilatéraux. Pour les plus petites entités — archipels du Pacifique comme Tuvalu ou les îles Cook, principautés comme Andorre ou Monaco —, c'est souvent le nombre limité d'enrôlés qui pousse à renoncer à une force constituée. Mais la taille ne fait pas tout : en 1949, le Costa Rica décide de démanteler lui-même sa propre armée, suite à une guerre civile et avant tout interventionnisme étranger. Pour le Panama, la décision s'est faite sous pression : en 1989, les États-Unis y interviennent par la force pour renverser le régime de Noriega. À quoi bon conserver une armée, si elle ploie en quelques jours sous une invasion ?
Des sécurités de substitution
La plupart de ces pays conservent plusieurs corps de sécurité intérieure adaptés à leurs besoins : police bien sûr, mais aussi gardes-côtes ou gardes-frontières. Le Bhoutan disposerait d'une réserve de 8 000 hommes répartis entre services du roi, gardes forestiers et police de l'immigration. D'autres, comme le Liechtenstein, se réservent la possibilité d'appeler sous les drapeaux tout citoyen majeur en cas de nécessité. L'Islande possède une unité paramilitaire participant aux missions de maintien de la paix de l'ONU. Mais alors, comment se protéger des velléités de conquête territoriale quand on n'a ni navire, ni char, ni avion de chasse, ni infanterie ?
Lire la suite de cet article d'Oscar Chuberre dans Défense Zone #22.
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