Depuis la loi de programmation militaire du 1er août 2023, un salarié réserviste a droit à 10 jours ouvrés d'absence par an au titre de ses activités dans la réserve opérationnelle (contre 8 auparavant) — un plancher que l'employeur ne peut refuser, sauf entreprises de moins de 50 salariés où il peut être ramené à 5 jours. Le licenciement en raison d'absences liées à la réserve est interdit, et les indemnités perçues sont exonérées d'impôt sur le revenu. Voilà le cadre. Sur le terrain, la relation employeur-réserviste reste pourtant le principal frein à la montée en puissance de la réserve.
Les 10 jours : comment ça marche
Le droit est fixé par les articles L3142-89 et suivants du code du travail : 10 jours ouvrés minimum par année civile, sur demande écrite précisant date et durée, avec un préavis légal — et une règle méconnue favorable au réserviste : sans réponse de l'employeur dans le délai, l'accord est réputé acquis. Au-delà de ce plancher, tout est affaire de négociation : de nombreuses entreprises signent des conventions avec le ministère des Armées pour accorder davantage de jours, parfois rémunérés.
Ce que l'employeur doit respecter — et ce qu'il peut faire
Côté protections : interdiction de rompre le contrat en raison des absences liées à un engagement à servir dans la réserve, assimilation des périodes à du travail effectif pour l'ancienneté et les droits afférents, et non-discrimination à l'embauche. Côté employeur : dans les entreprises de moins de 50 salariés, la limite peut être ramenée à 5 jours pour préserver le fonctionnement de l'activité, et le contrat de travail est suspendu — non rémunéré — pendant les périodes de réserve, sauf accord plus favorable. Le détail pratique est documenté par les DREETS.
La fiscalité : l'avantage méconnu
La solde et les indemnités perçues au titre de la réserve opérationnelle sont exonérées d'impôt sur le revenu — de 41 à 160 € nets par jour selon le grade, comme nous le détaillons dans notre guide de la réserve opérationnelle 2026. Pour un salarié, les jours de réserve constituent donc un complément de revenu net d'impôt — au prix, il faut le dire, de ses congés ou de jours non payés par l'entreprise.
Là où ça coince encore
Les rapports parlementaires sur la montée en puissance de la réserve (80 000 réservistes visés en 2030) identifient tous le même goulet : la disponibilité réelle des salariés. Dix jours légaux ne suffisent pas à servir 30 à 60 jours par an comme le souhaitent les armées ; tout repose donc sur la bonne volonté des employeurs — inégale selon les secteurs. Les PME, en particulier, absorbent difficilement l'absence d'un salarié clé, et le mécénat de disponibilité reste embryonnaire.
FAQ — Réserviste et employeur
Mon employeur peut-il refuser mes jours de réserve ?
Pas en-deçà du plancher légal de 10 jours ouvrés par an (5 jours possibles dans les entreprises de moins de 50 salariés), demande écrite et préavis respectés.
Suis-je payé par mon entreprise pendant mes jours de réserve ?
Non, sauf accord d'entreprise ou convention plus favorable : le contrat est suspendu et c'est l'armée qui indemnise.
Dois-je informer mon employeur de mon engagement ?
Vous devez le prévenir pour vos absences, avec préavis. La clause de réactivité (convocation rapide) ne s'applique que si l'employeur l'a acceptée.
Les jours de réserve comptent-ils pour ma retraite et mon ancienneté ?
Les périodes d'absence au titre de la réserve sont assimilées à du travail effectif pour les droits liés à l'ancienneté.
Réservistes et employeurs témoignent dans le podcast Défense Zone — suivez nos actualités.

