Cyber Coalition

Comment l'OTAN se prépare à la cyberguerre

Comment l'OTAN se prépare à la cyberguerre defense-zone.com

À mesure que les tensions géopolitiques se déplacent vers le domaine numérique, l'OTAN multiplie les entraînements pour anticiper une cyberguerre désormais crédible. L'exercice Cyber Coalition 2025, qui réunit experts civils et militaires autour de scénarios d'attaque réalistes, éclaire la manière dont l'Alliance tente d'adapter sa défense collective à un environnement où une crise peut naître d'un simple flux de données compromis.

Un champ de bataille sans fumée ni fracas

Dans une salle de contrôle à Tallinn, les écrans s'alignent comme autant de fenêtres sur un champ de bataille sans fumée ni fracas. Alertes rouges, cartes de réseaux, flux chiffrés : du 28 novembre au 4 décembre 2025, plus de 1 300 spécialistes de la cybersécurité, venus de 29 pays de l'OTAN et de sept nations partenaires, ont participé à l'exercice Cyber Coalition 2025, vitrine de la préparation de l'Alliance à la cyberguerre. L'événement, organisé en Estonie, État frontalier de la Russie, intervient dans un contexte où les attaques numériques visant infrastructures énergétiques, administrations et médias se multiplient, souvent attribuées à des acteurs liés à Moscou ou Pékin. Les services occidentaux décrivent un environnement marqué par des opérations d'espionnage, de sabotage et de désinformation qui s'inscrivent dans une logique de confrontation de long terme.

Répondre à des opérations offensives

Cyber Coalition est présenté par l'OTAN comme un exercice « défensif », destiné à renforcer la résilience des réseaux et la capacité des Alliés à réagir à une crise majeure. Mais derrière ce vocabulaire mesuré, il s'agit clairement de préparer des scénarios de conflit dans le cyberespace, dimension désormais considérée comme un domaine d'opérations à part entière, au même titre que la terre, la mer, l'air et l'espace. Les scénarios de l'édition 2025 mettent en scène des attaques contre des infrastructures critiques — réseaux électriques, systèmes de transport, hôpitaux — ainsi que des perturbations d'opérations militaires, des vulnérabilités liées aux satellites et des intrusions dans des systèmes de secours censés prendre le relais en cas de panne. L'un des fils rouges consiste à tester la capacité des équipes à faire face, simultanément, à plusieurs acteurs menaçants coordonnant leurs actions dans l'ombre.

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