Comme chaque mois, nous vous proposons un nouveau supplément digital du magazine Défense Zone, disponible dans votre espace Premium Pro&Business
Si vous n'êtes pas encore abonnés, cliquez ici : https://defense-zone.com/products/premium-pro-business
Vous aurez ensuite accès aux prochains (et anciens numéros) du supplément pro ici : https://defense-zone.com/blogs/pro-business
L'éditorial du supplément #34 de février 2026
Le maintien en condition opérationnelle occupe une place paradoxale dans les armées. Il est reconnu comme indispensable par ceux qui en dépendent, mais il peine à exister dans le récit collectif de la puissance militaire. Non parce qu’il serait secondaire, mais parce qu’il échappe aux codes habituels de la démonstration de force.
Le MCO ne s’inscrit pas dans le registre de l’événement. Il ne produit ni image forte, ni moment fondateur, ni bascule spectaculaire. Il agit dans la continuité, dans la correction, dans l’anticipation. Il n’annonce rien, il évite que tout s’arrête. Cette nature même le rend difficile à valoriser, politiquement comme médiatiquement.
À cela s’ajoute une difficulté plus profonde, le MCO raconte mal la réussite. Lorsqu’il fonctionne, rien ne se voit. Lorsqu’il échoue, tout devient visible. Il est donc structurellement exposé à une lecture biaisée, où l’effort constant disparaît derrière l’absence de rupture. Peu de fonctions militaires sont aussi décisives tout en étant aussi peu identifiables.
Le retour d’un contexte stratégique plus contraint ne change pas cette réalité, mais il la rend plus exigeante. Il impose de regarder autrement ce qui ne se montre pas, ce qui ne se déploie pas, mais ce qui permet de tenir. Le MCO n’est pas une fonction de second plan. Il est une condition de continuité.
Ce dossier ne cherche pas à en faire un objet de valorisation artificielle. Il propose simplement de déplacer le regard, en considérant que, dans la durée, la puissance militaire ne se juge pas uniquement à ce qui frappe ou se voit, mais aussi à ce qui tient.

