L'édito du supplément pro #39 : mercenaires et business de la guerre privatisée

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L'éditorial du supplément #39 de juillet/août 2026

La guerre a toujours eu ses soldats de fortune. Ce qui change, c’est l’échelle : la force armée est devenue un service qui s’achète, se vend et se cote, au point de constituer l’un des marchés les plus dynamiques — et les plus opaques — de l’économie mondiale de la sécurité.

Ce supplément d’été explore cette industrie de l’ombre en quatre temps. D’abord la Russie, qui a fait du mercenariat un instrument d’État : après la mutinerie et la mort d’Evgueni Prigojine, le Kremlin a absorbé l’empire Wagner dans l’Africa Corps, bras armé officiel de son influence au Sahel. Le départ du groupe du Mali en juin 2025, puis les revers subis face aux offensives djihadistes du printemps 2026, racontent la puissance et les limites de ce modèle.

Ensuite le marché mondial, dont les estimations oscillent entre 250 et 300 milliards de dollars : consolidation des héritiers de Blackwater, percée des sociétés chinoises sur les nouvelles routes de la soie, et retour fracassant d’Erik Prince, dont les contractors opèrent désormais d’Haïti à la RDC en passant par Gaza.

Puis la France. Longtemps paralysée par le souvenir des « affreux » et de Bob Denard, elle vient de franchir un cap presque sans bruit : un décret publié le 31 octobre 2025 institutionnalise le recours à des opérateurs privés pour accompagner sa coopération militaire. Un basculement stratégique qui mérite mieux que l’indifférence dans laquelle il est passé.

Enfin les hommes. Derrière le fantasme du « contractor » à 1 000 dollars par jour se cachent des métiers exigeants, des grilles de salaires plus sobres qu’on ne le croit et une ligne rouge pénale que tout candidat au départ doit connaître. Quatre articles pour comprendre ce que devient la guerre quand elle passe au privé. 

Bonne lecture, et bel été !

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